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Quatre bourses ERC pour des chercheurs de l’X

Quatre chercheurs de l’École polytechnique ont reçu une bourse ERC pour récompenser l’excellence de leurs recherches : Sébastien Michelin, Grégory Nocton, Sébastien Corde et Isabelle Méjean.

La France se hisse cette année à la troisième place des pays hébergeant le plus de chercheurs récompensés par des « Starting grants » de l’European research council (ERC). Parmi ses 46 lauréats, quatre sont des chercheurs des laboratoires de l’École polytechnique communs avec le CNRS et l’ENSTAParisTech. Ces chercheurs ont bénéficié de l'accompagnement de l'Université Paris-Saclay lancé il y a plusieurs années et qui porte aujourd'hui ses fruits puisque 25% des 46 lauréats se situent dans le périmètre de l'Université.

Sébastien Michelin


Sébastien Michelin est professeur chargé de cours au département de mécanique et directeur adjoint du Laboratoire d’hydrodynamique de l’X (LadHyX, laboratoire de l’École polytechnique et du CNRS). Il s’intéresse à la mécanique des fluides, aux interactions fluide-solide et à la propulsion aux échelles microscopiques.

Il modélise ces phénomènes grâce à des outils numériques et de mathématiques appliquées. C’est pour son projet « CollectSwim: Individual and Collective Swimming of Active Microparticules » que Sébastien Michelin obtient une bourse ERC Starting Grant. Il s’intéresse à l’étude et au contrôle des propriétés physiques de fluides actifs, basés sur des suspensions de microparticules chimiques auto-propulsées. Certaines de ces propriétés, comme la viscosité du fluide, sont directement influencées par le mouvement des microparticules (ou de microorganismes).

La compréhension de ces processus et leur modélisation, au coeur de ce projet, permettraient de créer des systèmes artificiels dont les propriétés peuvent être contrôlées de manière précise via la dynamique collective des particules.

Grégory Nocton


Après une thèse sur la chimie de l’uranium effectuée au CEA, Grégory Nocton débute sa carrière dans le groupe de Richard Andersen à Berkeley aux États-Unis. En 2011, il rejoint l’École polytechnique comme chercheur CNRS au Laboratoire de chimie moléculaire (LCM, un laboratoire de l’École polytechnique et du CNRS). Depuis 2012, il enseigne au sein du département de chimie de l’École polytechnique. Grégory Nocton est lauréat de la médaille de bronze 2016 du CNRS.

Dans le cadre de sa recherche, Grégory Nocton s’intéresse à la synthèse et à la caractérisation de complexes organométalliques pour la catalyse. Les complexes organométalliques comprenant des ligands non-innocents, associés à des métaux non nobles, ont connu un développement important ces dernières années, exploitant leurs propriétés redox remarquables, permettant des transformations chimiques à faible impact environnemental et à bas coût.

Les lanthanides sont cependant encore trop absents de ces composés alors même qu’ils permettraient d’accéder à des produits hautement valorisables. Les recherches de Grégory Nocton, dans le cadre de cette bourse ERC, portent sur l’activation du méthane et son utilisation directe en tant qu’agent alkylant des oléfines . Cette recherche amène un réel changement de paradigme dans la mesure où cette activation, qui se ferait par le biais d’organolanthanides comportant des ligands redox non-innocents, permettrait de garantir une meilleure sélectivité et écocompatibilité de nombreux processus de transformations chimiques.

Sébastien Corde

Sébastien Corde est maître de conférences à l’École polytechnique et effectue ses recherches au Laboratoire d’optique appliquée (LOA). Ses recherches s’intéressent à l'accélération de particules avec des plasmas. En effet, les technologies actuelles sont limitées en accélération car des champs électriques trop importants endommageraient en effet les équipements.

L'alternative étudiée par Sébastien Corde en accélérant ces particules avec des ondes plasmas présenterait l'avantage d'une plus grande accélération ou d'une meilleure compacité des accélérateurs. Pour créer cette onde plasma, deux stratégies sont possibles : l’utilisation de lasers, qui présente cependant une faible efficacité énergétique, ou l’utilisation d’un faisceau de particules comme au Centre de l'accélérateur linéaire de Stanford (SLAC), plus efficace mais plus encombrant (dispositif de 2 km).

L’obtention de cette bourse ERC encourage un projet baptisé M-PAC (Miniature beam-driven Plasma ACcelerators), à l'interface entre ces deux techniques : créer des ondes plasmas par l'utilisation d'un faisceau de particules, plus compact que celui du SLAC, ce faisceau étant créé par un laser. En étudiant cette alternative, Sébastien Corde espère répondre à de grandes questions qui se posent dans le domaine ce qui permettrait de valider à terme la faisabilité d'utiliser des plasmas pour les accélérateurs et les collisionneurs de demain. Les recherches de Sébastien Corde mettant en lumière une nouvelle méthode permettant d’accélérer les positrons dans un plasma ont été publiées dans la revue Nature le 27 août 2015.

Isabelle Méjean

Après une thèse en macroéconomie internationale effectuée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Isabelle Méjean rejoint l’École polytechnique en 2007, en tant que professeur chargé de cours au département d’économie. Après 6 années à l’École polytechnique  et une année au département de la recherche du Fonds Monétaire International, elle est titularisée Professeur Associé en 2014.
Ses travaux de recherche portent sur l’économie internationale avec une dimension empirique importante. Elle utilise des données d’entreprises pour comprendre comment l’hétérogénéité des firmes affecte l’équilibre macro-économique.

Après avoir reçu le prix Malinvaud en juillet dernier, Isabelle Méjean a obtenu une bourse ERC Starting Grant pour ses recherches en économie internationale. Son projet étudie la structure du commerce international à partir de données d’exportation françaises. Isabelle Méjean cherche à analyser les déterminants de la compétitivité sur les marchés internationaux d’un pays comme la France, à partir de données fines décrivant les exportations intra-européennes des entreprises françaises.