En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à des fins de mesure d'audience, à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés. En savoir plus

X

Science et fiction, quand les chercheurs s'essaient

À l’occasion du salon du livre, du 16 au 19 mars, l’École polytechnique s’intéresse à la science-fiction avec Raphaël Granier de Cassagnac, directeur de recherche CNRS au Laboratoire Leprince-Ringuet et auteur de romans mêlant science et fiction.

science-fiction-chercheurs-ecole-polytechnique-x

Livre Paris approche à grands pas. Du 16 au 19 mars, le salon du livre de Paris est l’occasion de découvrir les nouveautés de la littérature internationale, de rencontrer vos auteurs préférés, de voyager, de se faufiler entre les lignes et à travers les mots pour se nourrir d’univers créatifs et uniques. Et de vous plonger dans un monde mêlant science et fiction.

Des fictions inspirées des découvertes scientifiques

Dans le paysage littéraire français et international, les chercheurs se font une place et alimentent les productions de science-fiction.  Alors que la science est contrainte par le progrès technique et les lois physiques de notre réalité, la science-fiction n’a de limites que l’imagination de l’auteur. Elle puise son inspiration dans les découvertes scientifiques contemporaines et se libère pour aller plus loin en ouvrant le champ des possibles au lecteur. Un voyage scientifique inspirant qui peut aussi nourrir la démarche des chercheurs.

En effet, le regard de l’auteur, avec les libertés de l’imagination, est parfois tellement rafraîchissant ou inattendu qu’il peut donner l’idée à la recherche de s’aventurer sur une voie inconnue jusque-là. Lorsque Jules Verne écrit De la Terre à la Lune en 1865 qui aurait parié que des êtres humains fouleraient le sol lunaire 104 ans plus tard ? Des scientifiques ont-ils pu s’inspirer de cette idée folle au point de la rendre possible ? S’il faut de l’imagination pour envisager les solutions futures aux problèmes présents, la science-fiction constitue un domaine où elle s’exprime sans contrainte tout en puisant sa source dans les découvertes scientifiques, passées et présentes, qui constituent un matériau littéraire de choix pour nourrir les auteurs de science-fiction.

Une nouvelle forme de vulgarisation

En plus d’ouvrir le champ des possibles, la science-fiction favorise la transmission de la science en l’enveloppant d’imaginaire et en sortant du discours scientifique. Ainsi, le sujet scientifique n’est plus réservé au format de l’essai. Les supports de vulgarisation sont multiples et si la littérature n’est pas le plus reconnu elle devient une alternative à la démarche de transmission. En ce sens, la science-fiction ré-enchante la science en ajoutant de l’humain à l’objectivité scientifique. « Toutefois, notre capacité à imaginer est restreinte par notre rigueur scientifique, il nous est difficile d’écrire sur nos propre thématiques, mais notre sensibilité aux problématiques générales de la recherche est plus aiguisée », déclare Raphaël Granier de Cassagnac, directeur de recherche CNRS au Laboratoire Leprince-Ringuet de l’École polytechnique.

Une réflexion sur le progrès

Les connaissances scientifiques des chercheurs-auteurs prennent alors toute leur amplitude lorsqu’ils appréhendent les enjeux de la science. Dans son roman Thinking Eternity, Raphaël Granier de Cassagnac s’interroge notamment sur la manière dont on fait la science et dont on la transmet. Les chercheurs dévoilent leur point de vue sur les aspects sociologique, psychologique et humain de la science et de ses applications actuelles et à venir. La fiction devient alors un laboratoire « à pages ouvertes » pour imaginer le futur des découvertes scientifiques contemporaines. Une expérience dans laquelle tous les paramètres sont ajustables pour examiner l’évolution possible de notre monde au prisme des avancées de la recherche. Ces expériences littéraires prennent souvent la forme de dystopies. Et les auteurs de science-fiction se changent alors en pessimistes et, parfois, en  lanceurs d’alerte sur les dérives possibles de certaines technologies.