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[Série de l'été] Grégory Nocton - La Chimie relève le gant

De juin à août, retrouvez, chaque mardi et jeudi, le portrait d'un chercheur de l'École polytechnique. Aujourd’hui : Grégory Nocton, chercheur au Laboratoire de chimie moléculaire, travaille sur les complexes organométalliques permettant des transformations chimiques à faible impact environnemental.

©Silvère Leprovost

L’année 2016 a mis la chimie de coordination à l’honneur en décernant le Prix Nobel de Chimie à l’un des spécialistes du domaine. À l’École polytechnique, c’est le chercheur Grégory Nocton qui s’est distingué dans cette discipline, tant par ses pairs qu’au niveau international.
Ce jeune scientifique du Laboratoire de chimie moléculaire de l’École polytechnique a reçu la médaille de bronze du CNRS, ainsi qu’une bourse de l’European Research Council, qui cible des chercheurs prometteurs et les aide à constituer leur propre équipe de recherche.

Créer des assemblages moléculaires

Branche de la chimie inorganique, la chimie de coordination s’intéresse à des assemblages moléculaires formés d’un cœur métallique qui peut échanger des électrons et des informations avec les composés organiques qui l’entourent. S’il a découvert ce domaine dont il a fait depuis sa spécialité lors de son stage de Maîtrise, c’est dès le lycée que la chimie s’impose à Grégory Nocton comme la seule matière pour laquelle il ressent une réelle attirance. Il succombe au caractère presque culinaire de ces « recettes » permettant de créer des assemblages, des couleurs, et de mieux comprendre le monde qui l’entoure. Après un BTS de chimie qui lui permet d’acquérir les bases en chimie académique et en chimie industrielle, le scientifique poursuit ses études à la faculté de Reims Champagne-Ardenne, puis au CEA de Grenoble et à Berkeley au USA, jusqu’à rejoindre le laboratoire de l’École polytechnique en 2011.

Des propriétés d’oxydoréduction remarquables

Ses recherches portent actuellement sur les complexes organométalliques, composés d’un cœur métallique échangeant des électrons avec des atomes de carbone voisins. Grâce à leurs propriétés d’oxydoréduction remarquables, ils permettent des transformations chimiques à faible impact environnemental et à bas coût. Grégory Nocton les utilise pour activer de petites molécules polluantes, comme le méthane, afin de les transformer en agent alkylant des oléfines. « Au lieu de brûler ce gaz à effet de serre en dégageant d’autres polluants, les méthodes mises en place par notre équipe pourraient aboutir au recyclage de ces molécules polluantes sous forme d’autres matériaux », explique le chercheur. En effet, les produits de ces réactions, les oléfines substituées, sont des produits habituellement issus du pétrole et de l’industrie pétrochimique. Ils seraient fabriqués ici par recyclage de polluants, répondant ainsi à l’un des principes fondateurs de la Chimie Verte, « l’économie d’atomes » : la réaction chimique permet dans ce cas de valoriser un polluant sans produire de déchet.

À l’heure actuelle, Grégory Nocton ne peut pas garantir les résultats qu’il va obtenir. Ces complexes organométalliques n’ayant jamais été créés pour cet usage, ils pourraient réagir de bien des manières et surprendre le chercheur en dépassant même ses plus grandes espérances. Mais c’est justement ce qui l’intéresse dans la démarche scientifique. « Si on sait à l’avance ce que va donner une expérience, il n’y a pas d’intérêt à la faire », répète-t-il à ces étudiants. Quand il était plus jeune, cet intérêt pour l’exploration et l’expérimentation lui valait la réputation d’être un enfant dissipé. L’histoire des sciences, truffée d’exemples de découvertes liées au hasard des résultats d’expériences, lui donne pourtant raison. À cet effet, Grégory Nocton nous rappelle d’ailleurs la citation de Pasteur : « La chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés ».

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Retrouvez tous les portraits de chercheurs de notre série de l'été, ici.