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[Série de l'été] Ikbal Marghad - Hobby de lumière

De juin à août, retrouvez, chaque mardi et jeudi, le portrait d'un chercheur de l'École polytechnique. Aujourd’hui : Ikbal Marghad, post-doctorante au Laboratoire de chimie moléculaire et au Laboratoire des solides irradiés, se consacre aux Oleds qui génèrent de la lumière grâce à des conducteurs composés de molécules organiques.

©Silvère Leprovost

Ikbal Marghad a découvert les Oleds pendant sa thèse. Depuis, elle ne les quitte plus. Ces diodes électroluminescentes organiques génèrent de la lumière grâce à des conducteurs composés de molécules organiques. Elles sont utilisées pour l’éclairage, l’affichage publicitaire, pour les écrans de télévision, de smartphone ou d’objets connectés, ou encore en luminothérapie, notamment dans le traitement des cancers de la peau. « Cette technologie revêt, par ses multiples applications, un enjeu d’innovation important. C’est ce qui m’attire, me motive », confie la chercheuse amatrice de challenge et d’action jusque dans ses goûts cinématographiques, teintés des Mission impossible. Car les Oleds n’en sont qu’à leurs balbutiements, freinées par un coût de production élevé.

Dépôt de deux brevets

C’est précisément sur ce point que le travail de recherche mené par Ikbal Marghad présente un double intérêt. Suite à sa thèse réalisée à Toulouse avec le Laboratoire de chimie moléculaire (LCM) et le Laboratoire des solides irradiés de l’X, deux brevets sont déposés. Le premier concerne la synthèse des molécules en employant des produits initiaux et des procédés à coûts réduits. Elle s’appuie, pour cela, sur un procédé de synthèse moléculaire développé au LCM depuis dix ans. Testées lors de son post-doctorat au Japon, les molécules ainsi obtenues présentent les même performances que  celles produites par les procédés classiques. « C’est encourageant car en baissant le coût de la synthèse, on baisse les frais de production et naturellement, le prix des Oleds », insiste la chercheuse. Le deuxième brevet concerne, lui, la mise au point d’une molécule innovante qui permet de synthétiser en une seule étape la molécule finale utilisée dans les Oleds.

L'aventure entrepreneuriale

Si elle a débuté sa carrière de scientifique dans le domaine de la luminescence dès la fin de son Master, en tant qu’ingénieur-chercheur au Laboratoire des solides irradiés de l’X, Ikbal Marghad se consacre désormais exclusivement aux Oleds. Après avoir lancé son blog, « oledchemistry.strikingly.com », la chercheuse s’engage aujourd’hui dans l’aventure entrepreneuriale. Elle a bénéficié, en 2016, d’une bourse de pré-maturation de l’Idex Paris-Saclay. Prochaine étape : la maturation. Elle vient de déposer un dossier de pré-sélection et espère décrocher un financement de 100 à 500 k€. Ces fonds lui permettront de finaliser son projet de start-up et  de définir son business model pour la vente sous licence de sa technologie. Un processus qui prend du temps. Elle partira, en juin, pour quatre mois au Japon afin de se consacrer à la fabrication et à la caractérisation de ses diodes organiques. « La recherche demande beaucoup de patience, il faut rester optimiste et croire en ses projets, sinon ça n’aboutit pas », estime-t-elle. Ikbal Marghad peut compter pour cela sur sa pratique du yoga. Une discipline de l’esprit qui l’aidera, c’est certain, dans son futur rôle de chef d’entreprise.

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Retrouvez tous les portraits de chercheurs de notre série de l'été, ici.