En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à des fins de mesure d'audience, à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés. En savoir plus

X

[Série de l'été] Julie Diani - Gonflée à bloc

De juin à août, retrouvez, chaque mardi et jeudi, le portrait d'un chercheur de l'École polytechnique. Aujourd’hui : Julie Diani étudie les polymères et les nanocomposites au sein du Laboratoire de mécanique des solides.

©Silvère Leprovost

« Il faut de petites avancées pour rendre les grandes découvertes possibles », estime Julie Diani. En 2016, la chercheuse a intégré le Laboratoire de mécanique des solides de l’École polytechnique pour développer et structurer son activité autour des polymères et nanocomposites.

Une reconnaissance internationale

Ses travaux sur la modélisation du comportement mécanique des polymères lui ont valu une reconnaissance internationale marquée d’abord par la publication de son étude sur les polymères à mémoire de forme publiée dans l’International Journal of Plasticity, et confirmée en 2015 par le prix Sparks-Thomas de l’American Chemical Society pour ses recherches sur les élastomères. Si elle est devenue une référence dans ce domaine spécifique, rien pourtant ne la prédestinait à l’étude de ces matériaux. Fille de professeurs de mathématiques, Julie Diani aime cette discipline et s’amuse à résoudre des équations qu’elle considère comme des énigmes ludiques. Elle y trouve une forme de dépassement de soi et d’adversité qu’elle retrouve également dans la pratique sportive. Adepte de la compétition, elle s’est entrainée en judo avec les professionnels de l’Insep et pratique le vélo sur le parcours  du Tour de France.

Des recherches sur le comportement des élastomères

Après l’École Normale Supérieure de Cachan, Julie Diani réalise son doctorat sur le comportement des élastomères. Dans un laboratoire dont les seuls équipements sont des ordinateurs, la doctorante crée des modèles de comportement d’élastomères qu’elle programme à l’aide d’outils informatiques. « Pendant trois ans, j’ai réalisé mes recherches sans jamais manipuler de matériaux », s’étonne-t-elle encore aujourd’hui. Après cette thèse purement théorique, la scientifique s’ouvre à l’expérimental. « Progressivement, mon travail s’équilibre entre la modélisation et l’expérimentation pour définir les propriétés des matériaux que j’étudie», indique-t-elle.

Depuis son arrivée à l’X, elle poursuit ses recherches initiées il y a quinze ans sur l’effet Mullins. Ce phénomène décrit l’évolution du comportement des élastomères entre plusieurs sollicitations successives, « un peu comme lorsque l’on gonfle un ballon et qu’il est plus facile de le déformer la seconde fois ». Sur ce sujet, la chercheuse collabore avec les industriels des pneumatiques intéressés par ses avancées. Elle élargit désormais ses recherches aux propergols, ces élastomères très fortement renforcés qui servent par exemple aux moteurs de fusées. « Nous voulons pouvoir prédire l’apparition de défauts, survenant lors du stockage ou du transport de ces matériaux, qui pourraient nuire à leur combustion», précise la Directrice de recherche soutenue par les industriels du secteur de la Défense.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Retrouvez tous les portraits de chercheurs de notre série de l'été, ici.