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[Série de l'été] Lucile Anthore-Dalion - La Cuisine moléculaire

De juin à août, retrouvez, chaque mardi et jeudi, le portrait d'un chercheur de l'École polytechnique. Aujourd’hui : Lucile Anthore-Dalion, post-doctorante au Laboratoire de synthèse organique de l'X, utilise la chimie radicalaire pour mettre au point des assemblages innovants entre molécules.


©Silvère Leprovost

Elle a toujours voulu « faire médecine ». Pourtant, en première année de classe préparatoire, Lucile Anthore-Dalion découvre la chimie et ne la quittera plus. À l’âge de 19 ans, la jeune femme arrive 8e aux Olympiades de chimie et rencontre celui qui deviendra son mentor, le chercheur Samir Zard. À peine deux ans plus tard, elle le retrouve en 2e année du cycle ingénieur polytechnicien. « C’est un des meilleurs professeurs que j’ai eu, il transmet sa passion à travers des cours très vivants en ponctuant ses leçons d’anecdotes », se souvient Lucile Anthore-Dalion. C’est auprès de lui qu’elle réalise son projet de recherche de 3e année et qu’elle poursuit, naturellement, une thèse de doctorat en chimie.

La chimie radicalaire pour innover

Aujourd’hui post-doctorante au Laboratoire de synthèse organique de l’X, Lucile Anthore-Dalion n’oublie pas pour autant son intérêt pour la santé et affiche la volonté « d’améliorer la recherche pharmaceutique » grâce à la chimie. Depuis trois ans, elle développe de nouvelles réactions afin de créer des assemblages innovants entre différents éléments. Pour cela, elle utilise la chimie radicalaire, plus rapide mais réputée selon une idée reçue plus difficile à maîtriser que la chimie ionique, et en particulier la chimie des xanthates. Ces composés constituent une source riche de divers types de radicaux qui, en intervenant dans le processus d’association ou de modification des molécules, aboutissent à la réalisation de réactions difficiles - voire impossibles - avec les méthodes classiques.

De plus, outre son caractère novateur, la chimie des xanthates cumule les avantages : des conditions de réaction douces, l’absence de métaux toxiques, une grande sélectivité et une tolérance vis-à-vis de nombreuses fonctions chimiques. Lors de sa thèse, Lucile Anthore-Dalion s’est penchée sur les applications de cette méthode pour la synthèse de cétones. « Ce groupe fonctionnel majeur en chimie organique se retrouve dans un grand nombre de produits naturels comme la cortisone ou le camphre, mais il s’agit surtout d’un intermédiaire dans les synthèses de produits naturels, pharmaceutiques, cosmétiques ou agrochimiques », détaille la chercheuse qui se plaît à « essayer d’expliquer ce que fait la nature ».

Lauréate de la bourse L'Oréal - UNESCO

Ses travaux ouvrent l’accès à de nouvelles structures chimiques grâce à des réactions peu toxiques, efficaces et générant peu de déchets, ce qui limite l’impact environnemental de la chimie de synthèse. À ce titre, Lucile Anthore-Dalion s’est vu remettre cette année la bourse L’Oréal-UNESCO. Elle fait partie des 30 lauréates du programme « Pour les Femmes et la Science » qui distingue la qualité des recherches menées par des femmes scientifiques dans le monde. « Cette bourse récompense avant tout le travail de l’équipe du laboratoire de synthèse organique de l’École polytechnique », rappelle la jeune chercheuse qui envisage de rejoindre un jour le CNRS.

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