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Un jury récompense les projets scientifiques collectifs

Trois projets scientifiques collectifs (PSC) menés par des élèves de 2e année du cycle ingénieur ont été distingués par un jury lors de la finale qui s’est déroulée sur le campus le 12 septembre dernier.

Le jury qui a attribué les prix était présidé par Jean-Louis Martin, directeur Général de l’Institut d’Optique (IOGS) et composé de personnalités du monde académique, d’entreprises et de la presse. Parmi les 88 projets scientifiques collectifs de la promotion, neuf avaient été sélectionnés pour cette finale. Les trois projets primés sont :

Des constructions éphémères pour les situations d’urgence

Les six élèves de ce projet sont partis d’un constat : dans les régions touchées par des catastrophes naturelles ou sujettes à retard de développement, installer des infrastructures telles que des ponts ou des routes n’est pas forcément adapté aux besoins des populations en raison de leur coût, de la durée du projet ou de zones impraticables pour des engins. Face à ce problème, les étudiants ont imaginé des solutions techniques éphémères et légères permettant de palier à un besoin d’urgence dans l’attente d’une construction pérenne. Le groupe d’élèves a ainsi conçu le projet d’une passerelle longue de dix mètres basé sur le principe de la tenségrité, c’est-à-dire la faculté d’une structure à se stabiliser, non par la résistance de chacun de leurs constituants, mais par la répartition et l'équilibre des contraintes mécaniques dans la totalité de la construction. « Cette technique permet de concevoir des assemblages de barres et de câbles permettant une utilisation optimale des matériaux, car elle assure un bon ratio résistance de la structure par rapport à son poids propre », explique Matthieu Poujol, élève de 3ème année du cycle ingénieur. Cette structure légère est facilement transportable et peut donc s’adapter aux situations d’urgence ». Mais, cette méthode ayant été peu investiguée pour des applications en génie civil, il n’existait pas jusqu’à présent de procédé systématique pour concevoir et dimensionner des ouvrages classiques sur le principe de la tenségrité. « Notre objectif a été de concevoir dans son intégralité cette passerelle, de l’étude théorique de sa géométrie et des états de contrainte dans les matériaux propres à la tenségrité, au dimensionnement final de notre structure, en passant par l’étude technique des mécanismes d’attache et de mise en tension », poursuit l’élève. Plus encore, leurs recherches leur ont permis de créer un programme, basé sur leur modèle de passerelle, capable de dimensionner tout type de poutre en tenségrité et de réaliser une maquette.
Équipe : Mélanie Bru, Paul Costa, Henri Hubert, Adeline Jerome, Jules Pertinand, Matthieu Poujol.

Commander un drone avec la tête

Le groupe de sept élèves a inventé un nouveau mode de commande pour les drones avec l’objectif de créer un système donnant à l'utilisateur la sensation de voler, et cela à l’aide de deux iPhones. Placé dans le masque, devant les yeux du pilote, le premier iPhone retransmet la vue de la caméra embarquée, immergeant l’utilisateur dans l’environnement du drone et le mettant ainsi en situation de vol. « L’utilisateur dirige intuitivement le drone et sa caméra par des mouvements de la tête, détaille Pierre Gonnetan, élève polytechnicien. Dans sa main, l’utilisateur tient un second iPhone par l’intermédiaire duquel il peut faire décoller et atterrir le drone, mais aussi le faire accélérer ou ralentir ». Au-delà de cette sensation de vol, plusieurs applications pourraient naître de ce système : commande de drone plus précise et intuitive, cyber-tourisme (contrôle par le biais d'internet d'un drone situé à l'autre bout du monde), application pour donner à des handicapés paraplégiques la possibilité de se déplacer virtuellement, jeu, courses ou encore repérage militaire. Ce système de commande innovant peut être testé en téléchargeant les applications envol.io et envol.io speed app sur l'AppStore.
>Plus d'informations sur le projet avec cette vidéo explicative et sur le site internet dédié.
Équipe : Victor Dyseryn-Fostier, Pierre Gonnetan, Tanguy Marion, Paul Méhaignerie, Joseph Requillard, Hippolyte Verdier, Félix Vogeli.

Des drones détecteurs de sous-munitions

Les élèves de ce projet scientifique collectif ont conçu un programme capable de détecter des sous-munitions grâce à un système qui pourra, à terme, être embarqué à bord d’un drone. Les sous-munitions sont les centaines de petites bombes regroupées dans le conteneur d’une bombe à sous-munitions. Une partie d’entre elles n’explose pas lorsqu’elles touchent le sol et deviennent des mines anti-personnel. Pour combattre ce fléau qui touche notamment le Laos, où il est estimé qu’il reste environ 75 millions de sous-munitions non explosées, les sept polytechniciens se sont penchés sur de possibles évolutions technologiques afin de décontaminer le territoire. En étudiant les sous-munitions, ils ont observé que celles-ci, composées en grande partie de métal, restaient à la surface du terrain miné et que, du fait de leur largage par avion, elles sont regroupées sur une surface elliptique de dimensions très caractéristiques. Suite à ces recherches, les élèves ont développé un projet consistant à élaborer un système de détection de ces zones de largage de sous-munition reposant sur la détection de leur signature magnétique. « Nous avons caractérisé le champ magnétique qu’émet une sous-munition par ferromagnétisme et conçu un système embarqué capable de détecter cette signature pour des faibles hauteurs, explique Quentin Baudenon, élève de 3ème année. Ensuite, nous avons exploité ces données sur ordinateur pour cartographier la zone selon les variations mesurées du champ magnétique. Enfin, si des objets ont été détectés, le programme indique la zone qui a la plus grande probabilité d’être minée ».  Aujourd’hui, les élèves sont capables de détecter, grâce à un chariot transportant leur système, le type de sous-munitions principalement retrouvées au Laos à une altitude de 26 cm. « La prochaine étape consiste en la réduction des bruits qui perturbent la mesure du champ magnétique pour pouvoir gagner en altitude afin que notre projet prenne littéralement son envol à bord d’un drone », projette Quentin Baudenon.
Équipe : Hugo Basset, Quentin Baudenon, Paul Caubert, Jean-Baptiste Lamare, Truong Son Pham, Sébastien Rondard, Kozeta Tutulani.