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Une journée en immersion à La Courtine

Du 8 au 26 septembre, les élèves de la promotion X2019 de l’École polytechnique effectuent leur formation militaire au camp de La Courtine. Découvrez leur expérience lors d’une journée passée à leurs côtés.

Du 8 au 26 septembre, les élèves de la promotion X2019 de l’École polytechnique effectuent leur formation militaire au camp de La Courtine

Il est 7h du matin. Alors que le jour se lève, la 2e compagnie d’élèves polytechniciens de la promotion 2019 se regroupe sur la zone de saut en parachute des Feniers à proximité du camp militaire de La Courtine. Après une marche d’orientation nocturne et une nuit en bivouac, ils s’apprêtent à recevoir leur calot, un élément de leur équipement militaire qui devra, comme leur souhaite leur commandant de compagnie, le capitaine Olivier Dumousseau, « [leur] rappeler pour toujours ces moments passés à La Courtine avec [leurs] camarades ».

Depuis le 1er septembre 2019, les 560 élèves de cette nouvelle promotion ont fait leur rentrée à l’École polytechnique. Leur première année étant dédiée à la formation humaine et militaire, ils consacrent, comme leurs ainés avant eux, les premières semaines de leur formation aux classes militaires. D’abord pendant quelques jours sur le campus, ils rencontrent les membres de leur compagnie et leur encadrement militaire, apprennent les chants et l’ordre serré et découvrent l’environnement qui sera le leur pour la suite de leur cursus. Viennent ensuite trois semaines au camp militaire de La Courtine au cours duquel ils se prêtent à un entrainement militaire condensé.

Un environnement militaire pour former au leadership

À l’X, l’aspect militaire est avant tout un moyen de travailler les savoirs-être des élèves. « Nous ne cherchons pas à en faire des guerriers, mais des managers, des dirigeants, capables de mener une équipe », souligne le capitaine Dumousseau. Une vision partagée par le lieutenant-colonel Eric Richard, commandant de la promotion 2019 : « La thématique militaire est un cadre pour mettre les élèves dans des situations de responsabilité dans un contexte qui rompt avec leurs habitudes ».

Alors, après la remise des calots et un petit-déjeuner en plein air, les élèves de la 2e compagnie se répartissent en demi-section pour une journée d’ateliers. Dix-neuf au total, parmi lesquels construire une zone de largage en territoire hostile, organiser la visite du chef d’État-Major des armées à Tahiti, monter une tente modulaire sans mode d’emploi ou construire un abri pour se protéger de tirs d’artillerie. Sur chaque atelier, les élèves s’appliquent à élaborer des méthodes de prises de décision, à décliner les tâches à réaliser, les prioriser et les affecter en fonction des savoirs faire de chacun pour, dans le meilleur des cas, atteindre l’objectif final. Mais c’est surtout grâce l’analyse et l’auto-analyse a posteriori, accompagnés d’un cadre militaire, qu’ils tirent tous les bénéfices de ces exercices. L’occasion, pour le commandant de promo de s’adresser aux élèves d’un des ateliers et de citer les trois principes de la guerre de Foch – la liberté d’action, l’économie d’effort et la concentration des efforts – et de rappeler que « ce sont des principes de guerre mais adaptés à des contextes beaucoup plus larges et, donc, aux méthodes de management et de leadership ».

Et ces enseignements peuvent se tirer d’activités plus physiques. Car, pendant ce temps-là, une partie de la 3e compagnie s’attaque au parcours d’obstacles. Une distance de 500 mètres parsemée de 20 obstacles à franchir : poutres jumelées, passage à gué, poutre d’équilibre, mur d’assaut, tranchées… Un enchaînement éprouvant qui demande de se dépasser et de puiser dans ses ressources. « L’idée est de les emmener le plus haut possible, de les confronter à la réalité de terrain, à leurs difficultés et celles des autres pour qu’ils soient aptes à les gérer et à s’adapter », explique le capitaine Grégoire, commandant d’unité de la compagnie.

Un premier pas vers leur stage civil ou militaire

Reste que l’entrainement militaire comprend également des exercices essentiels à la préparation opérationnelle d’un combattant. La 1re compagnie se livre à deux d’entre eux cet après-midi-là. Une séance de tir au Famas, couché, à 25 mètres, pour appréhender la visée, le recul et exercer sa position, sa respiration et sa concentration. Et une séance de technique d’intervention opérationnelle rapprochée au cours de laquelle les élèves apprennent les déplacements, les coups d’arrêt, les mises au sol, les palpations et l’utilisation du bâton de défense électronique. Des connaissances nécessaires car, à l’issue de ces quatre semaines d’incorporation, les élèves partiront six mois en stage de formation militaire initiale. Si environ un tiers d’entre eux réaliseront un stage civil, les autres rejoindront la gendarmerie nationale, la DGA, la marine, l’armée de l’air ou l’armée de terre. Et parmi ces derniers, certains participeront à l’opération Sentinelle. L’objectif donc, est de leur fournir toutes les clés pour être capable d’évoluer en patrouille en toute autonomie.

À la nuit tombée, alors que la 5e compagnie, regroupant les étudiants internationaux a rejoint le reste de la promotion sur le camp, la 4e compagnie s’apprête, elle, à vivre son expérience de marche d’orientation nocturne. Quelques kilomètres à parcourir, en toute discrétion, à l’aide d’une carte topographique. Lorsque l’intégralité de la compagnie aura retrouvé le campement, ce sera à leur tour de recevoir leur calot.

>Retrouvez les photos de l’incorporation des X 2019