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Une start-up incubée à l’X révolutionne la gestion des objets connectés

La start-up SpinalCom, installée au sein du bâtiment Entrepreneuriat et Innovation de Polytechnique depuis six mois, développe une plate-forme intelligente pour traiter et partager les données des objets connectés en temps réel et de façon sécurisée. Cette nouvelle technologie devrait intéresser les secteurs des smart cities et des smart buildings.

D’ici 2020, le volume d’objets connectés dans le monde devrait atteindre près de 50 milliards. Cette explosion de l’internet des objets va engendrer un besoin de traitement rapide des données émises par les milliards de capteurs qui composeront les villes. Pour traiter ces data, le traditionnel cloud computing ne suffira plus. Afin de partager les données des objets connectés en temps réel et de façon sécurisée, il existe désormais le Fog computing. Anticipant le potentiel de ce nouveau marché du Fog, trois entrepreneurs décident dès 2014 de se lancer dans l’aventure. Jérémie Bellec est docteur en mécanique et informaticien. Il rassemble autour de lui deux amis, Sébastien Coulon, issu du marketing chez des éditeurs de logiciels, et Julien Sorin, entrepreneur. Ensemble, ils créent la start-up SpinalCom qui propose une plate-forme intelligente décentralisée pour être au plus près des objets connectés. Pour développer leur projet, les trois cofondateurs choisissent de s’installer fin 2015 à l’incubateur de l’École polytechnique.

Des informations en temps réel et contextualisées

Leur produit repose sur les principes du Fog computing. « Il s’agit d’un logiciel installé sur des plates-formes matérielles du type routeur, passerelle ou box, indique Julien Sorin, directeur commercial de SpinalCom. La solution revient à déporter au plus près de l’objet connecté un cloud miniature avec des capacités d’analyse et une micro-base de données In Memory ». Ainsi le Fog, ou « brouillard » en français, est un nuage plus proche de la terre et donc plus proche des objets connectés que le cloud computing. Et ses avantages sur le cloud sont nombreux : tout d'abord sa réactivité, grâce à une gestion localisée de l'automatisation et de l'analyse des données ; mais également son niveau de sécurité accru, grâce à la maîtrise des échanges avec le Cloud et son autonomie, en cas de perte de connexion. Autant d’atouts susceptibles d’intéresser les marchés des smart cities et des smart buildings. Dans le cas des bâtiments intelligents, «l’utilisation de données en temps réel permettrait de mettre au point des systèmes installés dans les bâtiments permettant d’augmenter l’économie d’énergie et la sécurité des biens et des personnes comme par exemple, l’arrêt de l’air conditionné d’une salle de réunion si celle-ci n’est pas réservée dans les prochaines heures. Autre exemple, les bâtiments pourront se signaler mutuellement les dangers, s'adapter aux conditions météo (tempêtes, ouragan …), et même interagir avec la signalisation routière en périphérie afin d’augmenter la sécurité des citoyens », explique Julien Sorin.

Des interactions avec les autres start-ups de l’incubateur

Depuis qu’ils ont investi les bureaux du bâtiment La Fibre Entrepreneur - Drahi - X Novation Center sur le campus de l’École Polytechnique, les trois entrepreneurs ont fait décoller leur projet. Et cela grâce au réseau de l’X. La start-up Auxivia, qui développe un verre connecté, a déjà fait appel aux services de SpinalCom. « Auxivia a utilisé notre technologie pour capter les données issues du verre intelligent et pour réaliser des analyses en temps réel sans avoir besoin d’envoyer les données dans un Cloud pour des raisons de protection de la vie privée », précise Sébastien Coulon, directeur général de SpinalCom. Résultat : un travail de développement estimé au départ à six mois et réduit au final à 30 jours seulement.

Autre intérêt de l’incubateur pour les startuppers, les interactions avec le monde industriel et notamment les plus grands groupes tels que Hewlett-Packard. « Grâce à l’X, nous avons pu intégrer le programme d’accélération de la société d’informatique HP », se réjouissent les fondateurs de la jeune pousse. L’écosystème de l’École polytechnique leur a également permis de travailler avec des professeurs et des étudiants d’HEC. « Trois élèves nous aident quelques heures par mois sur la partie marketing, ce qui est très appréciable », reconnaît Sébastien Coulon. Leur produit, baptisé « Spinalcore », est désormais disponible en téléchargement sur le site web de la start-up. « Tous les développeurs peuvent utiliser notre plate-forme de manière autonome grâce à une documentation Quick start », précise le directeur général.

Huit personnes composent à l’heure actuelle la start-up. « Nous espérons étoffer les effectifs pour la partie technique et commerciale », indique le directeur général. Pour cela, et après une première levée de fonds de 200 000 euros réalisée lors de la création de la structure, les fondateurs de SpinalCom prévoient de lever entre deux et quatre millions d’euros d’ici janvier 2017.
 


Spinalcom sera présent sur le stand de Cisco à l'évènement VivaTechnology du 30 juin au 2 juillet 2016 à Paris et sur IoT Expo à Las Vegas du 11 au 14 juillet 2016 pour y présenter un cas d’usage sur la gestion intelligente des risques d’incendie dans les bâtiments.