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Wingly, le blablacar du ciel créé par des Polytechniciens

Deux polytechniciens et un développeur viennent de lancer la start-up Wingly, une plateforme de mise en relation entre pilotes privés et passagers visant à faciliter la pratique du co-avionnage.

Bertrand Joab-Cornu et Emeric de Waziers se sont rencontrés il y a quelques mois sur les bancs de l’École polytechnique. Inscrits en 1ère année du master entrepreneuriat et innovation de l’X, les deux étudiants sont animés par la même envie d’entreprendre et attirés par le secteur de l’aéronautique. Bertrand poursuit un double-diplôme à Supaero en parallèle de Polytechnique et Emeric, issu du cursus ingénieur polytechnicien (X2012), est pilote de formation. Fin 2014, les deux X font la connaissance de Lars Klein, web développeur berlinois, et décident de créer leur projet.
Il y a quelques jours, les trois co-fondateurs ont lancé Wingly, une plateforme de co-avionnage qui met en relation des pilotes avec des passagers dans le but de partager un vol et les frais qui y sont associés.

Entretien avec Bertrand Joab-Cornu et Emeric de Waziers, co-fondateurs de Wingly.

Comment avez-vous eu l’idée de votre start-up ?
Nous avons identifié plusieurs opportunités sur le marché de l’aviation légère. Du côté des pilotes, il y a un besoin puisque ces derniers doivent voler un nombre d’heure minimum pour conserver leur licence et parce que ce loisir est très onéreux. Avec Wingly, nous leur proposons de ne pas partir seul en vol et de faire découvrir leur passion, mais aussi de partager les frais de vol.
Du côté des passagers, l’idée est de relier plus rapidement et de façon plus pratique des villes mal desservies, avec un coût similaire à celui du train, et surtout de faire du trajet « une activité à part entière » en découvrant une région vue du ciel par exemple.
Il faut savoir que la France est le premier pays au monde en termes de densité d’aéro-clubs, mais ces infrastructures incroyablement développées restent sous-exploitées à l’heure actuelle. Le marché français est estimé à plus de 82 M € avec 45 000 pilotes privés. Nous voulons ainsi redynamiser le secteur de l’aviation légère.

Quel est votre modèle économique ?
Nous fonctionnons exactement comme le site de covoiturage Blablacar : Wingly touche une commission sur la transaction faite entre le passager et le pilote. Tout est gratuit pour le pilote.
Notre système repose sur le principe de l’économie collaborative et nous ne nous reconnaissons pas dans l’« ubérisation » de l’économie. Les pilotes ne font que partager le coût du vol, ils ne pratiquent donc pas une activité commerciale et ne sont pas rémunérés comme les chauffeurs d’Uber par exemple.

Comment vous démarquez-vous de la concurrence ?
Deux autres projets basés sur le même modèle de co-avionnage viennent d’être lancés parallèlement au nôtre.
Nous nous distinguons par la volonté de créer une communauté autour de l’aviation légère à laquelle nous apportons un cadre de confiance et de sécurité. Tout d’abord, les pilotes qui emmènent une tierce personne se comportent de façon plus responsable, c’est ce qui a été observé pour des sites d’auto-partage qui possèdent un taux d’accident inférieur de 30% à la moyenne. Par ailleurs, Wingly note les pilotes en fonction de leur expérience et les utilisateurs doivent rendre compte de leurs trajets par des commentaires et un système de notation.
Il faut préciser que nous nous inscrivons dans un cadre légal puisque le co-avionnage est une pratique autorisée et règlementée en France.

Quelles sont les prochaines étapes ?
Notre start-up est incubée à Agoranov à Paris depuis juin 2015. Quelques jours après le lancement du site, nous enregistrons déjà plus de quatre-vingt utilisateurs inscrits sur la plateforme et une quinzaine de vols sont proposés à l’heure actuelle.
A partir de septembre, nous allons rentrer dans une période de recherche de financement auprès de business angels. Pendant les prochains mois, nous allons capitaliser sur les retours des utilisateurs afin de proposer une offre encore plus complète en mars 2016.
Par ailleurs, nous serons en 2e année du master entrepreneuriat et innovation à partir du mois de septembre et nous pourrons ainsi bénéficier toute l’année des conseils des enseignants, des mentors et des coachs qui interviennent pendant le cursus.

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