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Campus

Des gaulois à Polytechnique !

De novembre 2013 à mars 2014, l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a effectué de nouvelles fouilles archéologiques sur le plateau de Saclay.

Ces fouilles ont été effectuées au nord-ouest du lac de l’École polytechnique. Depuis 2000, les principaux vestiges découverts sur le plateau de Saclay sont datés des époques gauloises, romaines et médiévales.

Pendant 5 mois, les archéologues de l’Inrap ont à nouveau combattu le froid, la boue et le vent pour révéler les nombreux secrets du plateau de Saclay. Réclamées par l’État, par l’intermédiaire de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France (DRAC), ces fouilles sont intervenues avant la réalisation, à partir du mois d’avril 2014, d’un bassin de rétention des eaux de pluie et d’une voirie provisoire dans le quartier de l’École polytechnique. « Par sa forme, ses fonctions et son évolution, le site découvert n’a pas d’équivalent ailleurs en Essonne », s’enthousiasme Cyril Giorgi, archéologue à l’Inrap et responsable du chantier.

Une découverte scientifique capitale

Au centre archéologique de Pantin, les milliers de vestiges récoltés, depuis les premières investigations réalisées entre 2000 et 2012, dévoilent peu à peu leur histoire. « Lors des premières fouilles préventives, nous pensions avoir découvert les vestiges d’une petite ferme gauloise, datée de La Tène (finale) (IIe – Ier siècle avant notre ère). Mais l’identification d’un vaste système de fossés en « V », atteignant plus de 2.50 m de largeur, et de nombreuses structures en creux (puits, fours, trous de poteaux et fosses), ont permis de prouver qu’il y avait là une volonté de marquer le territoire de manière significative. Les trois sites explorés sont reliés entre eux et forment un espace d’au moins 7 hectares, peut-être plus », s’enthousiasme Cyril Giorgi.

Dans ces larges fossés, les archéologues ont en effet mis la main sur de nombreux trésors : des meules témoignent de la mouture, des outils liés au filage et au tissage de la laine signalent une activité artisanale du textile, la présence de deux fours de forgerons prouvent le travail du fer au sein d’un atelier métallurgique.

Des gaulois peu à peu romanisés

En plus de fournir la preuve d’une romanisation progressive des habitants, le mobilier sorti de terre a également permis de définir leur statut social. La présence d’éléments de parure (bagues, pinces, brosses), ainsi qu’une cinquantaine d’amphores italiques contenant du vin et des arêtes de poissons, à la mode romaine, suggèrent par exemple l’entretien de relations économiques lointaines et l’appartenance à l’élite sociale des propriétaires de l’exploitation. Par ailleurs, l’occupation antique (du Ier au IVe siècle) se développe aussi avec la création de bâtiments maçonnés couverts de tuiles et de bâtiments sur poteaux, remplaçant les constructions antérieures en bois. La ferme gauloise se transforme peu à peu en villa romaine !

Les traces d’une occupation médiévale

Enfin, l’équipe de l’Inrap a retrouvé les traces d’une occupation médiévale d’environ 2000 m2, datant du XIe et XIIe siècle. « Peu d’exemples de ce type de plateforme castrale* sont actuellement répertoriés sur le territoire. Nous savons encore peu de choses sur la période d’occupation médiévale mais l’expertise des spécialistes lèvera peut-être quelques mystères. Le moindre indice est important pour comprendre », indique l’archéologue.

*Une plateforme castrale est un édifice défensif médiéval

En savoir plus :
> le site de l'Inrap
> les Journées Nationales de l’archéologie les 6, 7 et 8 juin 2014