En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés.

X

Rencontre avec Carmen Chevalier-Firescu (X 2003)

Diplômée de la promotion 2003, Carmen Chevalier-Firescu est administratrice de l’Ecole Polytechnique Charitable Trust, structure sœur de la Fondation au Royaume-Uni. Portrait d’une polytechnicienne engagée et inspirante.

« Hors normes » semble être le terme le plus approprié pour qualifier le parcours de Carmen Chevalier-Firescu. Née dans la Roumanie très patriarcale de Nicolae Ceauşescu, elle est la deuxième fille d’une famille qui, depuis des générations, espérait avoir un garçon et qui ne le lui cache pas. « J’ai grandi et je me suis construite avec un objectif : prouver qu’une petite fille avait autant de valeur qu’un petit garçon et pouvait apporter autant de bonheur, de fierté et de réussite à ses parents », explique-t-elle. Ce leitmotiv ne la quittera plus. De 12 à 18 ans, elle participe et excelle chaque année aux Olympiades de physique, équivalent du concours général français, et à 18 ans, désireuse de prendre son indépendance, quitte sa famille et part en autocar vers la France sans billet de retour. Elle arrive à Rouen où elle apprend le français, intègre l’INSA et travaille en parallèle pour financer ses études.

C’est lors d’un cours consacré à la préparation du curriculum vitae qu’elle découvre l’existence de l’École polytechnique alors que sa professeure présente celui d’un polytechnicien qui ne met pas en avant son nom, mais plutôt son année de promotion. Intriguée, Carmen veut en savoir plus et prend un train pour Paris afin de visiter l’École. Elle y rencontre l’équipe des Relations Internationales et, hasard de la vie, croise un étudiant roumain qui lui parle de l’X autour d’un déjeuner au Magnan, la cantine de Polytechnique. Cela sonne alors comme une évidence, c’est cette école qu’elle veut intégrer. De retour à Rouen, elle poursuit ses études et commence à préparer le concours. « J’ai dû m’accrocher et faire preuve de beaucoup de détermination pour ne pas abandonner car tout le monde me disait que c’était un rêve inatteignable », témoigne Carmen. En juin 2003, tout bascule lorsqu’elle reçoit une bourse de la Fondation Georges Besse. Elle décide alors de constituer un dossier pour intégrer la classe préparatoire du lycée Louis-le-Grand et ainsi, maximiser ses chances d’intégrer l’X. En septembre, elle apprend qu’elle est admise et quitte Rouen sur-le-champ. Sans logement, elle recontacte l’étudiant roumain : elle dormira sur le canapé d’un bar d’étage dans un Kaser de l’X jusqu’à ce qu’elle obtienne une chambre en internat. À l’issue de sa première année de prépa, à force de travail et d’acharnement, Carmen réalise son rêve et réussit le concours de l’X. « Mes années à l’École ont été un rêve, j’ai baigné dans un univers particulièrement stimulant dont je suis sortie grandie ». Une fois diplômée, elle s’oriente vers l’univers de la finance et part à Hong Kong. Depuis 2011, elle a rejoint Londres où elle gère et vend des produits dérivés pour des asset managers et des fonds d’investissement.

Carmen Chevalier-Firescu a gardé des liens très forts avec l’École polytechnique qu’elle a tant souhaité intégrer. Elle a rejoint l’association X-UK et a notamment organisé en novembre 2015 une soirée de gala à la Résidence de l’Ambassadeur de France à Londres qui a réuni plus de 170 anciens élèves de l’X. Depuis 2016, Carmen est également un membre actif de l’Ecole Polytechnique Charitable Trust qui mène aux côtés de la Fondation la deuxième Campagne de levée de fonds. « Je suis consciente de tout ce que je dois à l’X. C’est une école méritocratique qui a su conserver un esprit et des valeurs pour lesquels j’ai beaucoup d’estime et de respect. En tant que Roumaine et en tant que femme, je sais que c’est grâce à l’X que j’ai pu évoluer dans le monde de la finance à Hong Kong puis à Londres. Dès que j’ai pu, j’ai donc voulu aider l’École, notamment pour la faire connaître à l’international et accroître son rayonnement », conclut-t-elle.