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Rencontre avec Audrey Vastroux (X 2001), donatrice de la Fondation
Un parcours guidé par une passion pour l’automobile
Il y a des moments charnières dans l’existence. Pour Audrey Vastroux, tout a commencé à l’adolescence devant la télévision, dans le salon familial. « Mon papa aimait beaucoup la Formule 1. Un jour, j'ai commencé à regarder les courses avec lui et cela a déclenché quelque chose en moi. Je me suis prise au jeu et partir sur les circuits le week-end avec mes parents est devenu une habitude », se souvient-elle. Cette passion pour le sport auto ne la quittera pas et surtout, guidera chacun de ses choix.
Issue d’une famille dans laquelle il n’y avait pas d’ingénieurs, c'est sa professeure principale de seconde qui lui propose de choisir une filière scientifique pour passer les concours d’écoles d’ingénieurs. Le conseil prend. Prépa étoile maths-physique au lycée Thiers de Marseille, puis l'X en 2001. À Polytechnique, Audrey oriente délibérément ses choix vers des matières comme la mécanique ou la thermodynamique, avec toujours l’objectif de rejoindre le secteur automobile. En 4A, elle intègre l'IFP School, l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs, « voie royale pour les ingénieurs moteurs aussi bien en sport auto qu’en série ». Cette dernière année d’études, effectuée en apprentissage chez Peugeot, lui permet de « rentrer dans le concret et dans la vie réelle d'un ingénieur, en ayant acquis au préalable toutes les armes théoriques. »
Au cœur du réacteur
Fraîchement diplômée, Audrey Vastroux intègre en 2006 Renault F1 Team comme ingénieure d'essais moteur. Le rêve devient réalité professionnelle. Les années qui suivent ressemblent à une montée en puissance méthodique. En 2011, elle prend la responsabilité d'une partie des essais moteur, au moment où Renault prépare le passage au V6 turbo hybride, un changement de réglementation majeur devenu effectif en course au début de la saison 2014. « C'était une période difficile d’un point de vue technique mais passionnante et très challengeante pour les équipes. Le sport automobile est un milieu très privilégié en termes de moyens aussi bien humains que matériels, et quand on est ingénieur et qu'on nous donne les moyens de faire ce qu'on veut pour avancer, c'est magique ! ». En 2015, elle prend la direction du département essais. Un an plus tard, on lui confie une mission encore plus ambitieuse : créer de toutes pièces une entité de gestion de projet qui n'existe pas encore chez Renault Sport : « une tour de contrôle transversale couvrant budget, ressources, planning, bureau d'études, fabrication, achats et essais ».
L'arrivée de Luca Di Meo à la tête de Renault en 2020 amorce une profonde transformation du groupe. En Formule 1, Renault passe sous la marque Alpine, devenue fer de lance premium du groupe. Audrey Vastroux devient alors directrice des opérations, un poste couvrant un large périmètre : essais, assemblage moteur, contrôle métrologie, SAV, gestion performance en piste... « Pour la passionnée d'automobile que j'ai toujours été, ce poste a été la cerise sur le gâteau de ma carrière en F1. Il m’a aussi permis de faire ce que je n’avais fait qu’occasionnellement jusque-là : aller en piste. ».
En 2024, Renault annonce son retrait de la Formule 1, « une expérience très difficile mais aussi très formatrice humainement parlant ». Audrey choisit alors de rester dans le groupe et intègre Ampere, la branche dédiée à l'électrification, qui produit notamment la Mégane E-Tech, la Renault 5 ou encore l'Alpine électrique. « Je suis passée de l'horlogerie à la grande série, mais les enjeux liés à la fabrication industrielle sont tout aussi passionnants et impliquent des aspects humains qui résonnent en moi comme tout ce que j'ai vécu pendant mes années en F1. On n'arrive pas sur une grille de départ si on n'est pas une équipe, et c’est cette solidarité qui nous permet de relever tous les défis. ». Ce poste est néanmoins une « étape » pour Audrey qui aspire à reprendre des fonctions de manager. « Relever des défis techniques est très stimulant mais accompagner les femmes et les hommes dans ces challenges, les faire grandir, me motive et m’apporte encore davantage. ».
L’X, une formation structurante
Le parcours d’Audrey Vastroux dans les plus hautes sphères du sport automobile n’aurait sans doute pas été le même sans son passage par l’École polytechnique. « Ma formation à l'X m'a beaucoup apporté, en commençant par la formation militaire en 1ère année que j’ai effectuée dans l’Armée de Terre à Coëtquidan, puis au sein d’un régiment. Après deux ans passés la tête dans les bouquins à préparer des concours, cette expérience a été très forte humainement parlant, et m'a fait grandir. Elle permet de découvrir la vraie vie, de sortir des sentiers battus, de rencontrer des gens qu'on n’aurait pas eu l’occasion de rencontrer dans d’autres contextes, et en résumé, d’apprendre beaucoup en peu de temps. », raconte-t-elle. « L’X c’est aussi la vie de promo sur le plateau, le sport qui joue une place centrale et apporte un équilibre, et surtout des amitiés inaltérables. 20 ans après notre sortie de l’École, on se voit encore très souvent avec des camarades de promo ! ».
Sur le plan académique, l’X a également beaucoup apporté à Audrey. « La formation théorique est vraiment excellente et le bagage technique extrêmement riche. Mais la force de Polytechnique, c’est aussi qu'on apprend à raisonner, à vivre dans l'abstraction, à prendre du recul sur plein de sujets, à aller de l'avant tout en encaissant les difficultés. ». Des compétences qu'elle a mobilisées tout au long de son parcours, face aux défis techniques comme aux challenges humains.
Un engagement pour la science et pour la place des femmes
Toujours très attachée à son Alma Mater, Audrey Vastroux soutient la Fondation de l’École polytechnique depuis sa toute première campagne de levée de fonds (2008-2013). Le moteur de cet engagement est simple : « L'X est une École complète qui m'a beaucoup apporté. En donnant chaque année, je souhaite apporter ma pierre à l'édifice pour pérenniser l'excellence scientifique qui la caractérise. J’espère qu’elle saura garder sa singularité et toutes les particularités qui font sa force. ».
La campagne « Servir la science », lancée par la Fondation en 2024, résonne en elle avec une acuité particulière. « Je suis préoccupée par le niveau scolaire des générations futures et les dernières réformes et orientations prises en matière d’éducation. Que l’X s’engage pour soutenir la science est essentiel et je ne peux qu’encourager toutes les initiatives qui vont dans ce sens. Dans l'univers de l'enseignement supérieur et de la recherche, il faut toujours un phare qui montre ce qu'est l'excellence scientifique. L'X est et doit rester l’un de ces phares. »
Cet engagement pour la science se double d'un combat plus personnel : encourager les jeunes filles à s'orienter vers les filières scientifiques et techniques. Membre de l'association « Elles bougent », Audrey Vastroux intervient régulièrement dans les collèges et lycées pour témoigner de son parcours, et, elle l’espère, susciter des vocations. Elle-même a appris à évoluer dans des environnements encore majoritairement masculins - à l'X, dans l'Armée, dans les paddocks de F1 - sans jamais y voir un obstacle insurmontable. Bien au contraire. « Cela m’a amenée à me dire que c'est largement possible, qu'il y a de la place pour nous, et même beaucoup de place pour cette mixité qui nous enrichit et qu’il faut cultiver. ». À celles qui douteraient encore, elle n'a qu'un mot : « C'est possible. Il faut oser et ne pas avoir peur. »
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Brochure de campagne