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Rencontre avec Mohamed Maza Traoré (X 2017), Grand donateur de la Fondation
Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours ?
Je suis originaire de Côte d’Ivoire où j’ai étudié à l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro, avant d’intégrer l’École polytechnique en France. À l’X, je me suis principalement orienté vers les mathématiques appliquées. À l’issue de ma formation, j’ai choisi de partir à Hong Kong, où j’ai commencé ma carrière dans la finance quantitative, d’abord chez Laplace Research Capital et depuis 2023, chez Qube Research & Technologies. Cela fait maintenant un peu plus de quatre ans que je vis en Asie. Mon parcours m’a ainsi conduit de la Côte d’Ivoire à la France, puis à Hong Kong, où je poursuis aujourd’hui ma carrière.
Que vous a apporté l’X, d’un point de vue académique comme personnel, et quel a été son impact sur votre parcours ?
L’X m’a d’abord apporté une formation académique très exigeante. J’ai eu la chance d’y suivre des enseignements très pointus, notamment en mathématiques appliquées, qui m’ont donné des bases solides et surtout une manière d’aborder des problèmes complexes. Aujourd’hui encore, cette formation me permet d’appréhender avec confiance des sujets nouveaux dans un monde qui évolue rapidement. Au-delà, l’X m’a aussi beaucoup apporté humainement. À travers le sport et la vie collective, j’y ai développé des qualités qui me servent encore aujourd’hui : l’esprit d’équipe, la discipline et le dépassement de soi. L’un de mes souvenirs les plus marquants reste d’ailleurs notre victoire avec l’équipe de football en finale de la compétition universitaire d’Île-de-France. Je garde un souvenir très fort de cette expérience, mais aussi de tout le travail et de la cohésion qui nous avaient permis d’y arriver.
Vous qui vivez à Hong Kong, quels liens avez-vous avec l’École et la communauté polytechnicienne ?
Même à Hong Kong, je garde des liens réguliers avec la communauté polytechnicienne. J’ai notamment la chance de travailler avec plusieurs Anciens de l’X au sein de mon entreprise. Je fais également partie d’un réseau d’Ivoiriens anciens élèves ou actuellement étudiants à l’École polytechnique. Nos échanges me permettent de maintenir un lien avec l’École et avec les différentes générations de Polytechniciens ivoiriens. Enfin, je continue à suivre l’actualité de l’École et de sa communauté à travers la newsletter mensuelle.
Vous avez choisi de soutenir le développement de votre Alma Mater et êtes même devenu son plus jeune Grand donateur. Quel est le moteur de votre engagement ?
J’ai découvert la Fondation dès ma première année à l’X. J’étais alors X-Ambassadeur et, dans ce cadre, j’ai participé avec des camarades de ma promo à un X-Science Camp en tant que formateur. Nous animions des séances autour de problèmes ouverts de mathématiques destinées à des lycéens venus d’horizons très différents, et nous leur présentions également les études scientifiques et les différents métiers de l’ingénierie. Cette expérience m’a permis de découvrir très concrètement les actions autour de l’égalité des chances soutenues par la Fondation, et l’impact que ce type d’initiative peut avoir. Mon engagement m’a ensuite semblé assez naturel. J’ai toujours été attaché à l’idée que, lorsque l’on en a la possibilité, il est important de donner aux autres, que ce soit de son temps, de son énergie ou de ses moyens. J’ai beaucoup reçu de l’École polytechnique. Contribuer à mon tour à travers la Fondation est une manière de redonner une partie de ce que j’ai reçu et de permettre à d’autres de bénéficier des mêmes opportunités. C’est cette idée de transmission qui est au cœur de mon engagement.
La Fondation de l’X a lancé en 2024 sa troisième campagne de levée de fonds : « Servir la science ». Qu’est-ce que cela vous évoque ?
Pour moi, servir la science, c’est d’abord rappeler que la science a profondément transformé nos sociétés et amélioré les conditions de vie de millions de personnes. Sa vocation doit rester de servir la société. Servir la science, c’est aussi considérer que chacun, à son niveau, peut contribuer à son progrès. Cela passe par la recherche, mais aussi par la transmission du savoir et par la possibilité donnée à tous les talents, quelles que soient leurs origines, de développer leur potentiel. C’est ainsi que nous pourrons préparer les générations futures à relever les grands défis auxquels notre humanité est confrontée.
Pourquoi l’engagement pour la science vous semble-t-il plus important que jamais dans le monde complexe d’aujourd’hui ?
Nous faisons aujourd’hui face à des défis d’une ampleur considérable : le changement climatique, la raréfaction de certaines ressources naturelles, mais aussi des enjeux croissants de souveraineté technologique et scientifique. Face à ces défis, nous avons besoin de mieux comprendre le monde, mais surtout de trouver de nouvelles solutions. C’est précisément là que la science joue un rôle essentiel, en transformant des problèmes complexes en connaissances, puis ces connaissances en réponses concrètes. Cela suppose de continuer à investir dans la recherche et dans la connaissance.
Et quel rôle doit selon vous jouer l’École polytechnique ?
L’École polytechnique est une institution de référence, en France comme à l’international, aussi bien par la qualité de sa formation que par sa recherche. Elle doit selon moi continuer à attirer et former les meilleurs talents, leur donner les moyens de faire progresser la recherche et de transformer les avancées scientifiques en solutions pour la société. C’est aussi tout le sens de la campagne « Servir la science » : donner à l’École les moyens de former, d’innover et de contribuer pleinement aux grands défis de notre époque.
Cette campagne a pour ambition de soutenir trois priorités : les talents, la recherche et le campus. Y a-t-il une priorité ou un projet qui vous tient particulièrement à cœur ?
La priorité qui me tient le plus à cœur est celle des talents, sans doute parce qu’elle fait directement écho à mon propre parcours. J’ai commencé mes études en Côte d’Ivoire avant d’avoir la chance de poursuivre ma formation à l’École polytechnique. Ce parcours m’a convaincu d’une chose : le talent peut se trouver partout, mais encore faut-il lui donner les moyens de s’exprimer. À travers l’égalité des chances, l’ouverture internationale et l’accompagnement des étudiants, la Fondation permet à des jeunes issus d’horizons très différents de développer leur potentiel et, à leur tour, de mettre leurs connaissances au service des autres. C’est cette idée qui me touche particulièrement : faire en sorte que l’origine ou le parcours d’un étudiant ne soit jamais un frein à ce qu’il peut devenir.
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Brochure de campagne