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Thèses Objectifs de Développement Durable : 9 doctorants de l’X soutenus par la Fondation
Portée par son Plan Climat publié en 2022, l’École polytechnique réaffirme et accélère son engagement en faveur de la transition écologique. Dans le cadre de ce plan d’action qui intègre le développement durable au cœur de ses missions fondamentales de formation, de recherche et d’innovation, l’X a lancé en 2024 le programme « Thèses Objectifs de Développement Durable » permettant d’accompagner financièrement des doctorants effectuant leur thèse au sein d’un laboratoire de l’École, et dont le projet répond à au moins deux des dix-sept objectifs de développement durable de l’ONU. Ce programme vise à encourager la recherche sur cette thématique et à faire émerger des réponses aux grands enjeux environnementaux. Il contribue également à renforcer l’attractivité de l’École polytechnique sur la question de la soutenabilité et du développement durable.
En 2025/2026, ce ne sont pas moins de 9 doctorants qui voient ainsi leurs recherches soutenues durant toute la durée de leur thèse par la Fondation de l’École polytechnique qui a significativement augmenté l’enveloppe budgétaire allouée à ce programme.
Eachann Assendjee (X 2020), doctorant au Laboratoire de Chimie Moléculaire (LCM*)
Originaire de La Réunion, Eachann Assendjee est diplômé du Cycle Ingénieur de l’École polytechnique. Il a effectué sa 4A à l’Université Paris Sciences & Lettres (Mines Paris/Chimie ParisTech) où il s’est spécialisé dans le domaine de l’énergie, avant de rejoindre la fonction publique au sein du corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts. En septembre 2025, il a rejoint le Laboratoire de Chimie Moléculaire de l’École polytechnique pour un doctorat.
Sa thèse porte sur le développement de nouveaux procédés catalytiques à base d’uranium, visant à produire des carburants alternatifs à partir de ressources durables. L’ambition de ce projet est double : contribuer à la transition énergétique en explorant des voies de production moins énergivores, utilisant notamment la lumière comme source d’énergie ; et valoriser l’uranium appauvri, une ressource industrielle disponible en France, mais encore peu exploitée en chimie. À l’interface entre chimie de coordination, photochimie et chimie des solutions, les travaux d’Eachann Assendjee s’inscrivent ainsi dans les objectifs de développement durable liés à l’énergie propre et à la production responsable.
Marios Bekogianni, doctorant au Laboratoire de Physique des Interfaces et des Couches Minces (LPICM**)
Titulaire d’une licence et d’un master en physique de l'Université de Patras (Grèce), Marios Bekogianni s’intéresse aux interactions laser-matière, à l'analyse de données spectroscopiques et à l'intelligence artificielle. Dans le cadre de son doctorat au Laboratoire de Physique des Interfaces et des Couches Minces, il développe des semi-conducteurs à bande interdite ultra-large, tels que le nitrure de gallium et le nitrure d'aluminium, à l'aide de procédés de dépôt assistés par plasma à basse température, associés à une optimisation des procédés guidée par l'intelligence artificielle.
Alors que les méthodes industrielles actuelles de fabrication de nitrures nécessitent souvent des températures supérieures à 800 °C et reposent sur des gaz précurseurs coûteux ou nuisibles pour l'environnement, son ambition est de mettre au point une approche plus durable et plus économe en énergie pour la fabrication de semi-conducteurs. En combinant physique des plasmas, caractérisation avancée des matériaux et IA, ses recherches explorent les procédés plasma à basse température comme moyen de produire des films minces de haute qualité à des températures inférieures à 200 °C en utilisant des gaz non toxiques, et devraient ainsi permettre de réduire la consommation d'énergie, le gaspillage de matériaux et l'impact environnemental.
Cléa Bouvet, doctorante au Laboratoire d’Hydrodynamique (LadHyX***)
Après un double diplôme d’ingénieur agronome à l’Institut Agro Montpellier et de master recherche en sciences des plantes à l’Université Paris-Saclay, Cléa Bouvet a rejoint le LadHyX pour préparer une thèse portant sur le rôle de l’eau dans le développement des plantes. Ses recherches portent plus particulièrement sur les aquaporines, des canaux protéiques qui permettent à l’eau de circuler à travers les membranes cellulaires.
Son objectif est de mieux comprendre comment l’eau et l’auxine, une hormone végétale, participent au développement des plantes. Pour ce faire, elle étudie notamment les mécanismes qui relient ces deux acteurs à la mise en place des zones de croissance et à la formation de nouveaux organes. À plus long terme, ses travaux contribueront à une meilleure compréhension des flux et de régulation de l’eau au sein des plantes, ainsi qu’à une meilleure appréhension de leur capacité de résilience face aux changements climatiques.
Augustin Clédat, doctorant au Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD****)
Augustin Clédat est diplômé de l’ENSTA où il a suivi un Master 1 en mécanique puis un Master 2 en transition énergétique, et en parallèle le Master 2 « Sciences de l’atmosphère, de l’océan et du climat » (IP Paris - Sorbonne Université). Cherchant à mieux comprendre les enjeux environnementaux contemporains, il s’est ensuite spécialisé en hydrologie qui relève des sciences de l’atmosphère et du climat, tout en nécessitant une compréhension fine des usages humains de l’eau.
Recruté en février 2025 au Laboratoire de Météorologie Dynamique en tant qu’Ingénieur d’études, Augustin Clédat y effectue désormais une thèse. Alors que la répartition de la ressource en eau a considérablement évolué avec le changement climatique mais aussi avec les changements d’usage des sols et de l’eau (changements globaux), il développe un outil prenant en compte ces changements globaux, appelé « Jumeau Numérique », dont le but est d’aider localement des acteurs du territoire dans la gestion de l’eau. S’intéressant tout particulièrement à la vallée de la Drôme, Augustin Clédat réalisera dans un premier temps une ethnographie de la gestion de la ressource en eau dans cette vallée afin de mieux cerner ses différents acteurs, ses modes de fonctionnement et ses enjeux.
Laure Corazza, doctorante au Laboratoire de Météorologie Dynamique (LMD****)
Originaire du Canada, Laure Corazza a obtenu un Bachelor en ingénierie physique à Polytechnique Montréal puis un Master en ingénierie spatiale à Politecnico di Milano. Elle a rejoint le Laboratoire de Météorologie Dynamique en 2024 pour une thèse consacrée à l'estimation des concentrations de gaz à effet de serre depuis l'espace par machine learning, co-financée par le CNES.
Alors qu’il est crucial de connaître précisément les émissions de gaz à effet de serre à une échelle globale, plusieurs missions spatiales se sont concentrées sur la mesure du dioxyde de carbone depuis l'espace. Les missions les plus récentes dans le proche infrarouge devraient même permettre de connaître ces émissions à une résolution spatiale inégalée. En effet, l'utilisation de spectro-imageurs permettra de prendre des mesures très précises centrées sur des zones fortement émettrices, comme les villes ou les usines. Ces missions vont toutefois générer un volume très important de données, nécessitant de développer de nouveaux algorithmes pour les traiter rapidement et avec précision. Dans ce contexte, Laure Corazza développe une méthodologie innovante qui vise à extraire l'information sur le dioxyde de carbone contenue dans les mesures spectrales faites par les satellites à l'aide de réseaux de neurones, qui sont bien adaptés à cette problématique. Ce sujet de thèse lui permet de combiner la physique atmosphérique et l'observation de la Terre depuis l'espace, tout en travaillant activement à mieux comprendre les changements climatiques, une cause qui lui tient à cœur.
Héloïse de Gaulmyn, doctorante au Centre de recherche en économie et statistique (CREST*****)
Ancienne élève de l’École normale supérieure Paris-Saclay, Héloïse de Gaulmyn est titulaire du Master en économie de l’environnement, de l’énergie et des transports de l'Université Paris-Saclay en partenariat avec AgroParisTech et le CIRED. Avant de rejoindre le CREST en septembre 2025, elle a travaillé un an aux côtés de Wolfram Schlenker à la Harvard Kennedy School sur les effets de la fermeture des centrales à charbon en Europe sur la santé humaine.
Dans le cadre de sa thèse en économie de l'environnement et de l'énergie, elle s'intéresse tout particulièrement à la pollution de l'air causée par notre production d'électricité, et en calcule les impacts et les coûts. Une fois intégrées dans un modèle qu’elle développe, ces estimations permettent de révéler un agenda optimal de fermeture des centrales fossiles et un fléchage des investissements pour créer des infrastructures d'énergie renouvelable.
Rafaël Mannarelli, doctorant au Laboratoire de Biologie Structurale de la Cellule (BIOC******) et au Laboratoire de Physique des Interfaces et des Couches Minces (LPICM**)
Après un DUT, Rafaël Mannarelli a intégré l'ENS Paris-Saclay en filière Génie Mécanique, puis s’est tourné vers le vivant à travers deux masters en ingénierie biomédicale, l'un en bio-ingénierie et neurosciences computationnelles (ESPCI Paris – PSL), l'autre en biomécanique et biophysique (IP Paris). Dans le cadre de ces formations, il a mené plusieurs expériences de recherche : à l'Osaka Metropolitan University, sur l'apprentissage automatique appliqué au contrôle de systèmes à événements discrets ; à McGill, sur l'analyse des oscillations neuronales en neurosciences computationnelles ; et à l'Institut Curie, sur l'étude par smFRET de la dynamique conformationnelle d'une protéine membranaire. Ce cheminement l'a progressivement amené vers la modélisation appliquée à la biologie, aujourd'hui au cœur de la thèse qu’il effectue en cotutelle entre le BIOC et le LPICM.
Dans ce cadre, Rafaël Mannarelli s’intéresse à la modélisation computationnelle du ribosome bactérien. Son approche consiste à représenter le ribosome sous forme de graphe de ses interactions moléculaires, qui constituent les variables d'entrée d'un modèle probabiliste. L'objectif est d'inférer, à partir de ce modèle, les zones potentiellement vulnérables du ribosome, c'est-à-dire des régions dont l'inhibition est susceptible de bloquer la traduction. Les meilleures cibles identifiées par le modèle sont ensuite testées expérimentalement à l'aide d'oligonucléotides antisens (ASO), conçus pour s'y fixer et potentiellement inhiber l'activité du ribosome. À terme, cette approche pourrait contribuer à la découverte de nouvelles stratégies antimicrobiennes face à la résistance aux antibiotiques.
Chiara Mello, doctorante à l’Institut Photovoltaïque d’Île-de-France (IPVF*******)
Passionnée par les matériaux et les dispositifs pour l’énergie, Chiara Mello a rejoint l’IPVF pour un stage dans le cadre d’un master international en nanotechnologies (Politecnico di Torino/Grenoble INP - Phelma/EPFL). Depuis octobre 2024, elle y effectue une thèse portant sur le développement d’une méthodologie corrélative operando combinant l'imagerie hyperspectrale et des spectroscopies sensibles à la surface, pour étudier les interfaces dans les cellules solaires.
Cette approche lui permet de suivre en temps réel les évolutions chimiques, structurales et électroniques dans des dispositifs en fonctionnement, et d’identifier les mécanismes à l’origine des pertes d’efficacité et de la dégradation. Au-delà des résultats scientifiques, elle souhaiterait que ses travaux inspirent une communauté de recherche et industrielle plus large, en encourageant l’adoption de pratiques durables, l’innovation et une contribution concrète à la transition énergétique.
Florence Roussel, doctorante au Laboratoire de Biologie Structurale de la Cellule (BIOC******)
Florence Roussel a fait des études de pharmacie (Université Paris Cité) au cours desquelles elle a choisi le Master de recherche « BioMedical Engineering » (spécialité « Molecular and Cellular Biotherapies »), et a effectué son stage au sein du Nationwide Children’s Hospital à Columbus (États-Unis), un pôle de thérapie génique réputé mondialement. Après quelques années de recherche en tant qu’ingénieur au sein de l’équipe de Kathrin Meyer, avec qui elle a étudié différentes maladies neurodégénératives, dont la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de maladie de Charcot, elle a choisi de rentrer en France pour consacrer une thèse à cette pathologie au sein du Laboratoire de Biologie Structurale de la Cellule.
Caractérisée par la paralyse progressive des muscles et touchant 500 000 personnes dans le monde, la SLA est devenue une priorité nationale pour le développement de nouveaux médicaments permettant de limiter voire d’arrêter le processus neurodégénératif et ainsi, d'offrir un confort de vie au patient tout en augmentant sa durée de vie. Dans le cadre de sa thèse, Florence Roussel étudie les mécanismes qui mènent à la mort des neurones moteurs dans la SLA. Ses travaux s’attachent notamment à comprendre comment la dérégulation d’une enzyme, la kinase PDK1, participe à la mort des neurones moteurs, à travers l’augmentation de la vulnérabilité des neurones à l’inflammation et la production de facteurs inflammatoires par les cellules immunitaires. Ces travaux ont pour ambition de positionner PDK1 comme cible thérapeutique potentielle pour la SLA dans le but de développer de nouvelles options thérapeutiques pour cette maladie et possiblement d’autres maladies neurodégénératives.
* LCM : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique - Institut Polytechnique de Paris
** LPICM : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique - Institut Polytechnique de Paris
*** LadHyX : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique - Institut Polytechnique de Paris
**** LMD : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique - Institut Polytechnique de Paris, ENS - PSL, Sorbonne Université
***** CREST : une unité mixte de recherche CNRS, ENSAE Paris, École polytechnique - Institut Polytechnique de Paris, GENES
******BIOC : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique - Institut Polytechnique de Paris
******* IPVF : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique - Institut Polytechnique de Paris, ENSCP
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