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Entretien avec Fadi Saibi (X 1996), donateur et membre du FEP

Diplômé de la promotion X 1996, Fadi Saibi vit depuis de nombreuses années aux États-Unis où il a co-fondé en 2012, la société Artemis Networks spécialisée dans les télécoms. Très engagé en faveur du développement de l’École polytechnique, il est membre du Board du Friends of Ecole Polytechnique (FEP), structure sœur de la FX outre-Atlantique, et en a été le trésorier jusqu’en avril dernier. Il fait également partie des donateurs de l’X.

Pourriez-vous revenir sur votre parcours avant et après l’X ?

Avant d’intégrer l'École polytechnique en 1996, mon parcours a été tout à fait classique : classes préparatoires aux Grandes Écoles, d'abord au Lycée Carnot à Dijon puis au Lycée Louis-le-Grand à Paris. Mon parcours après l'X l'est beaucoup moins : embauche dans la R&D aux Bell Labs de Lucent Technologies où j'ai effectué mes travaux de doctorat, et ensuite dans le spin-off de la division Lucent Microelectronics, Agere Systems. En 2006, j’ai rejoint l’univers des start-up technologiques d'abord chez Aquantia, dans le secteur de la microélectronique, qui a fait son introduction en bourse en 2017 et depuis 2012 dans l’incubateur Rearden et comme co-fondateur d'Artemis Networks, dans le secteur des télécoms.

À votre sortie de l’X, vous êtes parti aux États-Unis où vous vivez encore aujourd’hui. Pourquoi ce choix ?

Tout juste diplômé de l'X, j'ai ressenti un fort besoin de vivre de nouvelles expériences hors du cadre établi. C'est dans ce contexte que j'ai effectué un stage aux laboratoires Bell Labs de Lucent Technologies en l'an 2000. Cette expérience a été extrêmement stimulante et à l'issue du stage, j’ai reçu une offre d'embauche. Après mûre réflexion, j'ai alors décidé que c'était l'aventure à laquelle je voulais participer et je me suis d’abord installé dans le New Jersey près de la ville de New York, et ensuite dans la région de la Baie de San Francisco où je vis encore aujourd’hui. Néanmoins, mes premiers mois outre-Atlantique ont été rudes puisque moins de 6 mois après mon installation, j'ai été le témoin direct des attentats du 11 septembre 2001 puis en 2002/2003, il a fallu faire face à la grosse crise des télécoms. Avec le recul, je vois cela comme des événements qui ont testé ma résilience et qui m'ont permis d'établir des liens renforcés avec mon entourage.

Quels souvenirs gardez-vous des années que vous avez passées à l’École polytechnique ?

Je garde un très bon souvenir de mes années passées à l'X. J'en suis même un peu nostalgique. Ces années ont été très stimulantes, au niveau intellectuel bien sûr, mais aussi au niveau physique avec la formation humaine et militaire et les activités sportives. La qualité du corps professoral était vraiment hors pair et je m'y suis fait des amis pour la vie. Comme tous mes camarades, je garde un souvenir indélébile des campagnes Kès, ainsi que du défilé du 14 juillet et des répétitions qui l'ont précédé. Mais de façon plus personnelle, je garde un vif souvenir du voyage que notre section avait organisé pour rendre hommage à notre camarade Alban Lourette qui nous avait quitté beaucoup trop tôt. Dans cette situation difficile, nous étions très soudés, comme une grande famille. À notre retour, nous avons participé à une cérémonie lors de laquelle nous avons planté un arbre en sa mémoire. Près de 25 ans plus tard, il doit avoir bien grandi.

Que vous apporte votre formation dans l’exercice de vos fonctions ?

L'approche scientifique pluridisciplinaire caractéristique de la formation polytechnicienne offre un atout indéniable dans le monde entrepreneurial et ouvre un champ d'action très large. Ma formation m'a apporté une aptitude à très vite intégrer de nouvelles connaissances, et cela de façon autonome et continue. Elle m'a également apporté des aptitudes d'analyse qu'il a fallu tout de même que je tempère, ou plutôt que je calibre avec l'expérience, pour laisser une plus grande part à l'intuition afin de pouvoir puiser dans ma créativité et la développer. Plus particulièrement, dans ma fonction courante de Chief Architect d'Artemis Networks, je peux attribuer à ma formation, combinée à mon parcours, une capacité à établir un pont entre des aspects très théoriques (théorie de l'information et codage, systèmes dynamiques, optimisation discrète à grande échelle), leur mise en pratique (implantation sur des processeurs multicœur) et l'avantage économique qu'ils peuvent apporter pour l'offre de notre entreprise (barrières à l’entrée et propriété intellectuelle, positionnement sur le marché sur lequel nous opérons, optimisation de l'utilisation des ressources de communication et de calcul).

Vous êtes doublement impliqué en faveur de l’X en tant que membre du Friends of Ecole Polytechnique (et trésorier jusqu’en avril dernier) et en tant que donateur. Pourquoi un tel engagement ?

Mon engagement date de la réforme X 2000 qui a été à mes yeux le premier effort sérieux d'internationalisation de l'X et une évolution que je voyais comme absolument nécessaire, voire vitale, à travers mes premières expériences outre-Atlantique. C’est pour soutenir cet effort que j’ai fait mon premier don à la Fondation de l'X. Alors que j'étais déjà donateur régulier depuis plusieurs années, j’ai été invité par Éric Setton, Chairman du Friends of Ecole Polytechnique, à participer au jury du Prix X-Grant Silicon Valley. J'ai alors décidé d'accroître ma contribution et de m'impliquer d'une autre manière, peut-être pour donner plus de sens à mon engagement. En 2018, le FEP avait besoin d'un trésorier. J'ai répondu à l'appel pour entrer dans son Board et pour reprendre la fonction que tenait notre camarade Antoine Bernheim depuis près de 10 ans. Cette expérience a été très enrichissante et en avril dernier, j’ai transmis le flambeau à Daniel Totouom, nouveau trésorier du FEP.

Quel regard portez-vous sur la mobilisation des Anciens en faveur de l’École polytechnique ?

En tant que trésorier, j'ai eu l'opportunité d'observer la réponse immédiate et très conséquente de la communauté polytechnicienne aux États-Unis lors des appels récents lancés pour une aide d’urgence destinée aux élèves internationaux rencontrant des difficultés financières du fait de la situation sanitaire et, encore plus récemment, aux élèves Libanais dont le pays fait face à une crise sans précédent. Cela m'a donné un sentiment très positif quant à la générosité de notre communauté et ses capacités de mobilisation. Je tiens à dire que le FEP, dont le fonctionnement est rendu possible par l'action de camarades volontaires, fait de son mieux pour minimiser ses coûts de fonctionnement afin que l'impact des dons soit maximisé. Cette structure de type « public charity » est idéale pour contribuer au développement de l’X depuis les États-Unis. Chaque don compte et un grand taux de participation donne encore plus de poids aux projets de notre École. N'hésitez donc pas à entrer dans le cercle grandissant des donateurs et à donner à la hauteur de vos moyens.

Nous arrivons au terme de notre deuxième Campagne de levée de fonds qui permet de financer différents projets en matière de recherche, d’entrepreneuriat ou encore d’ouverture internationale. Y a-t-il des initiatives qui vous tiennent particulièrement à cœur ?

Cette deuxième Campagne de levée de fonds a été une grande réussite et les donateurs ont contribué à financer de nombreux projets. Chacun d’entre eux a son importance et s’inscrit dans le cadre de la stratégie de développement de l'X mais à titre personnel, ce sont les projets liés à l'ouverture internationale et à la diversité qui me tiennent plus particulièrement à cœur. Grâce aux bourses d’excellence financées par les donateurs, l’X peut attirer des talents venus du monde entier, et grâce aux actions mises en œuvre par son Pôle Diversité et Réussite, elle œuvre au quotidien en faveur de l’égalité des chances et de la diversité qui représentent un enjeu majeur.