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Laurence Bodelot, première femme lauréate du prix Jean Mandel

Professeur assistant au Département de mécanique et chercheuse au Laboratoire de mécanique des solides (CNRS/École polytechnique - IP Paris), Laurence Bodelot étudie les matériaux et les structures comme les alliages métalliques, les élastomères intelligents et les capteurs nano-architecturés. Ses recherches ont été récompensées par le prix Jean Mandel* qui lui a été remis le 19 octobre lors d’une cérémonie à l’École des Mines. Elle devient ainsi la première femme à recevoir ce prix.

Après une thèse consacrée à l’étude couplée des champs de déformation et de température à l’échelle microstructurale des matériaux métalliques au Laboratoire de mécanique de l’Université de Lille, Laurence Bodelot a réalisé un post-doctorat au GALCIT (Graduate Aerospace Laboratories de Caltech), en Californie où elle s’est intéressée à l’influence de la microstructure sur l’émergence de la plasticité. En 2012, elle a rejoint le Laboratoire de mécanique des solides (CNRS/École polytechnique - Institut Polytechnique de Paris) où elle est aujourd’hui professeur assistant et chercheuse.

Des recherches multidisciplinaires, de la mécanique à la science des matériaux

Laurence Bodelot consacre ses travaux aux matériaux et structures comme les alliages métalliques, les élastomères intelligents magnéto-actifs et les capteurs nano-architecturés. Elle étudie, grâce à des dispositifs expérimentaux dédiés à chaque problématique, les mécanismes multi-échelles de déformation et les couplages multi-physiques au sein de ces matériaux. Ses recherches trouvent des applications dans des domaines aussi variés que le contrôle non-destructif des matériaux, les interfaces tactiles, la robotique molle et l’environnement.

« Au sein du Laboratoire de mécanique des solides, nous avons élaboré une nouvelle interface tactile dont la morphologie 3D de surface peut être contrôlée par l’application d’un champ magnétique. Pour créer des matériaux toujours plus innovants, nous étudions également comment contrôler la microstructure et l’architecture des matériaux pour leur conférer de nouvelles propriétés », explique Laurence Bodelot. « Nous explorons par ailleurs le potentiel des capteurs nano-architecturés pour mesurer en temps réel les facteurs qui nous entourent », poursuit la chercheuse dont les recherches ont été soutenues par la Fondation de l’X dans le cadre de sa deuxième Campagne de levée de fonds.

Des travaux récompensés par le prix Jean Mandel 2021

Lors d’une cérémonie organisée à l’École des Mines le 19 octobre, Laurence Bodelot s’est vu décerner le prix Jean Mandel* dont elle est l’un des deux lauréats avec Kim Pham, enseignant-chercheur de l’Unité de mécanique de l’ENSTA Paris. Destiné à encourager la recherche scientifique dans le domaine de la mécanique des solides ou de la mécanique et rhéologie des matériaux, ce prix est attribué à un(e) chercheur(se) ou une équipe de chercheurs de moins de 40 ans, auteurs d’un travail original, de caractère théorique ou expérimental dans ce domaine, du niveau d’habilitation à diriger des recherches, ou bien d’une application originale de résultats connus à l’Art de l’Ingénieur. Organisé tous les deux ans, il est financé par l'École polytechnique via sa Fondation et par l'École des Mines de Paris.

« C’est un grand honneur pour moi de recevoir ce prix qui vient récompenser près de 10 années de recherches menées à l’École polytechnique. Je tiens à remercier ceux qui m’ont formée, toute l’équipe avec laquelle je travaille et nos étudiants auprès desquels nous continuons sans cesse d’apprendre », témoigne Laurence Bodelot, première femme à recevoir le prix Jean Mandel.

En 2015, elle avait également obtenu le Prix Werner Köster de la Société Allemande de Science des Matériaux pour son article intitulé « Experimental determination of a representative texture and insight into the range of significant neighbouring grain interactions via orientation and misorientation statistics », publié en 2014 avec le Professeur G. Ravichandran dans International Journal of Materials Research. Ses recherches ont depuis donné lieu à la publication de nombreux articles dans des revues de référence comme Nature Scientific Reports, Experimental Mechanics, Soft Matter ou encore Journal of Materials Chemistry.

* La carrière de Jean Mandel (1907-1982) a été consacrée à l’enseignement et à la recherche. Ingénieur des Mines, il a notamment été professeur à l’École polytechnique et à l’École des Mines de Paris, et a fondé le Laboratoire de Mécanique des Solides de l’X. Théoricien de la mécanique des solides, il se souciait également des applications. Il a apporté des contributions majeures et qui font toujours référence à la mécanique des roches et des sols, tout autant que des métaux, des polymères ou des composites : rhéologie, viscoélasticité, élasto-plasticité et viscoplasticité, rupture, modélisation et calcul des structures, homogénéisation des matériaux hétérogènes, dynamique, tribologie…