En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés.

X

Le petit Crapal

Cliquez sur les images pour les agrandir

<---La chambre des députés Hommage aux disparus--->    

 

Le journal des élèves

 

Le Petit Crapal est un journal qui laisse place à toutes les élucubrations des élèves : dessins artistiques ou humoristiques, poésies, portraits écrits ou caricatures de professeurs, d’encadrants ou d’élèves, récits, annonces d’événements. Ces documents manuscrits originaux constituent aujourd’hui un témoignage incontournable de la vie des étudiants polytechniciens entre 1896 et 1932 (date du dernier Petit Crapal). Ils reflètent les événements de la vie à l’École y compris les soubresauts de l’Histoire, telle que ceux de la Grande Guerre.

Le dessin a toujours fait partie intégrante de la formation polytechnicienne ce qui explique la qualité graphique de bon nombre de ces documents. La Première Guerre mondiale marque une césure dans l’inspiration des élèves. Avant, celle-ci ne s’élevait guère au-dessus du niveau des plaisanteries traditionnelles de « potaches ». Après on observe un professionnalisme croissant, tant dans la facture des dessins que dans la rédaction des textes.

Les oeuvres inspirées par la guerre de 1914-1918, toutes postérieures au conflit lui-même, sont finalement rares et empruntes de gravité.
L’aquarelle intitulée « On les aura ! » qui représente un trou d’obus transformé en mare où flotte un casque à l’envers, embarcation pour un petit Crapal, présente à première vue un caractère léger et insouciant.
Toutefois le nénuphar qui flotte à la surface de l’eau est rouge sang et le texte « on les aura » apporte une véritable violence à ce paysage endormi ou plus exactement mort.

Joffre est très présent dans les dessins d’élèves du « Petit Crapal ». Faut-il comprendre qu’à l’École polytechnique Joffre était perçu comme une personnalité hors du commun et déjà meneur d’hommes dès sa scolarité ? Au début de la Première Guerre mondiale, la France est redevable à Joffre de la Victoire de la Marne. Il est pourtant controversé pour l’emploi de la stratégie militaire de l’« offensive à outrance », qui coûtera si cher en vies humaines.
Discuté également pour son attitude peu coopérative vis-à-vis du pouvoir civil, écarté du commandement, il démissionne. Est-ce cette sanction suprême que les élèves ont représentée avec Jupiter au ciel sous la forme d’un petit Crapal, et deux colonnes de « petits Crapaux » attaquant un gros chef indien dont les traits évoquent ceux de Joffre ? Sur le chemin une borne est datée 1916.
C’est le 25 décembre 1916 que Joffre est promu maréchal de France. Jusqu’à la fin des hostilités, son rôle se limite à des missions, essentiellement de prestige, à l’étranger tout particulièrement en Amérique.

Les volumes du Petit Crapal sont peu nombreux pendant la Grande Guerre, leur datation approximative et leurs oeuvres sont souvent ni datées ni signées. Outre leur rareté, ils surprennent par leur dérision et leur gravité.
Ainsi dans les volumes de 1923 et 1924 deux dessins évoquant l’artillerie tourne le phénomène en ridicule : Effets d’artillerie en nocturne et « Manœuvre de nuit… ou beaucoup de bruit pour rien ».
Le dernier volume du Petit Crapal paraît en 1932. L’année qui précède évoque une fois encore la Première Guerre mondiale à travers le rappel de l’hommage que rendent chaque année les élèves de Polytechnique à leurs camarades morts pour la France en se rendant à Verdun.

 

Deux silhouettes de soldats qui assistent à un bombardement : on devine les feux bleu et rouge d’un avion dans le ciel et les trainées lumineuses d’un engin explosif au loin.
Ce dessin traduit la fascination de son auteur pour les effets de l’artillerie en nocturne, évoquant irrésistiblement le vers de Guillaume Apollinaire :
« Que c’est beau ces fusées qui illuminent la nuit » dans « Merveilles de la guerre » (Calligrammes)
Une file de silhouettes encapuchonnées de noir, se rendant sous une pluie battante vers un lieu invisible, sans doute le mémorial du fort de Douaumont. Ainsi se trouve représenté l’un de ces pèlerinages obligés où l’on conduisait les élèves pendant la période de l’entre-deux guerres.

 

<---La chambre des députés Hommage aux disparus--->    

 

Menu