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Les « Figures de Trouvelot »

Une belle découverte ! Lors d’un inventaire nous avons retrouvé une collection de 20 photographies intitulées « Figures de Trouvelot ». Ces photographies représentent des étincelles et effluves électriques mais également des éclairs. Elles ont été sélectionnées « spécialement pour l'École polytechnique de Paris » comme en atteste le titre du portefeuille qui les contient.

Cet ensemble est accompagné d'un manuscrit de 33 pages, très annoté, signé Trouvelot et daté de 1899, où l'auteur décrit l'objet de son étude qu'il baptise « électro-spinthérologie », néologisme jamais validé. L'auteur fait l'historique d'expériences antérieures dont celles de Ducretet et il cite les instruments scientifiques utilisés tels que la bobine d'induction de Ruhmkorff, la machine statique de Holtz, de grandes bouteilles Leyde, la machine de Wimshurst. Il décrit les conditions de ses expériences. Enfin il commente chacun des 20 clichés retenus, situant parfois l'expérience au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris ou à l’Observatoire de Meudon. Il est précisé que  600 clichés ont été réalisés lors de 450 expériences. Sur une vignette imprimée on trouve le tableau des formats et des prix de vente,  et un texte de présentation.

Étienne Léopold Trouvelot (1827-1895) est un personnage étonnant aux multiples activités. D’abord peintre et lithographe, il est aussi entomologiste amateur. Installé aux Etats-Unis en 1855, il est à l’origine d’une catastrophe écologique en laissant échapper involontairement des chenilles de Bombyx qui infestent aujourd’hui encore toutes les forêts de feuillus aux États-Unis. Après cet incident il se tourne vers l’astronomie et il est l’auteur de milliers d’illustrations astronomiques dont de magnifiques pastels. En 1882, Trouvelot retourne en France et rejoint l’Observatoire de Meudon. 

Signalons que l’Ecole polytechnique conserve dans ses collections historiques une machine de Holtz ; une machine électrique de Wimshurst construite par Ducretet ; une grande bobine de Ruhmkorff ; quatre bouteilles de Leyde en batterie.
C’est le colonel Aimé Laussedat (X 1838 ; 1819-1907) alors directeur du Conservatoire des arts et métiers, qui permet à Trouvelot d’en utiliser les machines électriques pour ses expériences.

Lui-même avait inventé la photogrammétrie en 1850, et mis au point la première utilisation cartographique de la photographie dès 1862. Il supplée puis remplace Faye dans son cours d'astronomie et de géodésie à Polytechnique de 1856 à 1870. Il est peut-être impliqué dans la présence de ce portefeuille de « Figures de Trouvelot » utilisé sans doute par ses successeurs au poste de professeur d’astronomie ou de physique.

Les descriptions de Trouvelot paraissent plus poétiques que scientifiques : « Les chevelures qui ont leur origine dans les ramilles, ne sont que les tentacules qui recherchent leurs électricités opposées jusqu’aux confins du monde des atomes et des molécules ultimes ».
Il conclut sa présentation de « l’électro-spinthérologie »en invitant « les esprits investigateurs à des recherches dans cette voie qui ne peut qu’être féconde. »
Avis aux amateurs d’arts et de sciences !

Pour en savoir plus

La Photographie de L'Étincelle Électrique Appliquée a la Météorologie
Trouvelot, E. L.
L'Astronomie, vol. 8, pp.57-61

Étienne Léopold Trouvelot 1827-1895

Histoires d’entomologistes / Par Alain Fraval - 2007

Aimé Laussédat - Made in CNAM

Aimé Laussedat (X 1838 ; 1819-1907)

 Musée des arts et métiers CNAM - Activités pédagogiques développées dans le cadre de l’exposition temporaire « Laboratoires de l’art » - 10 mai 2016 – 4 septembre 2016