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A qui appartenait cet ouvrage ?

Une découverte singulière dans la réserve de livres anciens de l’École polytechnique. La chute de la monarchie entraîne une flambée de violence à l’encontre des symboles visibles de l’ancien régime. Par ces actes de vandalisme, les révolutionnaires s’efforçaient de faire table rase du passé. L’effacement des armoiries entraîne des dégradations irrémédiables.

  

L'ami de la nature... par Joseph de Girard
Paris : Veuve Hérissant ; chez Buisson, 1787
[2]-92 p.In-8
Reliure en maroquin vert vandalisée : armes centrales et sans doute fleurs de lys aux quatre coins sauvagement découpées. Décor à l'or d'une frise d'encadrement sur les plats supérieur et inférieur. Gardes de soie rose avec frise d'encadrement dorée et tranches dorées.
Q3 101

L’auteur, Joseph de Girard (1763-1854) est régisseur des domaines provençaux de Louis V Joseph de Bourbon-Condé. Enthousiasmé par la lecture de Jean-Jacques Rousseau, il écrivit entre autres L'Ami de la Nature,…

En 1793, la guerre qui oppose la France révolutionnaire à l’Europe coalisée a complètement désorganisé les Établissements d’instruction et d’enseignement. Un décret du 11 mars 1794 crée l’École centrale des travaux publics qui devient École polytechnique en 1795.

Le but de cette École est de former des ingénieurs de tous genres. Le contenu du premier plan d’instruction est élaboré par Monge autour de deux axes : les mathématiques et la physique mais la bibliothèque sera encyclopédique, créée comme support d’enseignement lors de la mise en place des cours.
Emanation de la Révolution, cette école révolutionnaire, créée dans l’urgence et sans ressources,  utilise logiquement les dépôts révolutionnaires pour constituer ses propres collections. Elle y puisera aussi sa collection d’objets scientifiques pour les travaux pratiques et une collection de dessins de maître pour le dessin d’imitation.

L’École bénéficiera des trois « vagues » de confiscations :
-1789, biens du clergé mis à la disposition de la Nation
-1791, confiscation des biens des émigrés, des déportés et des condamnés à mort
-1793, fonds provenant de la suppression des universités, sociétés littéraires, académies…

Le premier fonds est constitué en 1794 d’environ 500 volumes provenant de l’Ecole du génie de Mézières.
De 1795 à 1802 près de 10 000 volumes dont de nombreux livres richement reliés et armoriés sélectionnés dans les dépôts littéraires de Paris. Ces dépôts renferment 1 800 000 volumes provenant de 1 100 bibliothèques différentes dont les collections furent confisquées par le gouvernement révolutionnaire.