La grève : une aubaine pour le vélo

25 fév. 2020

La grève des mois de décembre 2019 et janvier 2020 a entrainé une augmentation du trafic cycliste qui semble durer dans le temps

Des temps de trajet allongés, des embouteillages record en Ile-de-France, des transports en communs saturés, la grève a perturbé les trajets des Français, et particulièrement des Franciliens, aux mois de décembre et de janvier. Pourtant, un gagnant tire son épingle du jeu : le vélo, et avec lui les modes de mobilité plus verts.

Pendant la grève, le trafic cycliste a été multiplié par 2 à 3 à Paris. Un mois après la fin des perturbations dans les transports, si le trafic à vélo a baissé par rapport au plus haut niveau de la grève, il reste entre 35 et 40% plus élevé qu’avant le début des manifestations. Au-delà de l’effet à court terme de la pratique cycliste pour s’adapter aux contraintes, les effets à plus long terme de la grève transparaissent sur plusieurs aspects.

L’augmentation substantielle du nombre de cyclistes dans les villes a entrainé une modification du comportement des autres usagers de la route, automobilistes, deux-roues et piétons. Plus d’attention porté aux cyclistes, moins d’infractions sur les pistes cyclables, baisse des pratiques dangereuses… autant d’améliorations dans les comportements qui subsistent après la grève. « Ça a aussi été l’occasion d’appréhender l’adaptation de nos villes au vélo. A Paris, par exemple, l’augmentation du trafic cycliste a mis en lumière les aménagements existants favorables à la pratique du vélo, mais aussi certaines limites comme le manque de places de stationnement, le manque de sécurisation ou d’aménagements dans certaines parties de la ville », indique Aurélien Bigo, doctorant sur la transition énergétique dans les transports au sein du Centre de recherche en économie et statistique de l’Ecole polytechnique.

Car, si certaines villes sont déjà très avancées sur la pratique du vélo, comme Strasbourg, Grenoble et La Rochelle, en tête du dernier palmarès des villes cyclables dévoilé le 6 février 2020, la France souffre sur ce sujet d’un retard important par rapport à ses voisins européens comme le Danemark et les Pays-Bas. Or, face à l’objectif de baisse des émissions de gaz à effet de serre dans les transports de personnes et de marchandises fixé d’ici 2050, le vélo représente un mode de mobilité environnementalement avantageux. En ce sens, la grève aura participé à donner un coup de projecteur sur ses bénéfices. « Ils sont nombreux, tant sur les émissions de CO2 ou sur la consommation de ressources que sur d’autres aspects sociétaux comme la congestion des villes, le bruit ou la santé », souligne Aurélien Bigo.

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