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« Nous avons franchi un cap sur tous nos axes de développement » – Eric Labaye

Président de l’École polytechnique et de l’Institut Polytechnique de Paris depuis 2018, Eric Labaye quittera ses fonctions à la tête des deux institutions le 16 septembre. Il dresse le bilan des avancées enregistrées au cours de sa mandature.
05 Sep. 2023
Institutionnel

A l’approche de la fin de votre mandat de président de l’École polytechnique et de l’Institut Polytechnique de Paris, quel bilan tirez-vous de votre action à la tête de ces deux institutions ?

Eric Labaye - Mes cinq années de mandature ont été consacrées au développement de l’X et au lancement de l’Institut Polytechnique de Paris (IP Paris) qui a établi en quatre ans une position de leader dans le Top 40 des institutions mondiales.

L’École polytechnique, membre fondateur d’IP Paris, a réalisé un passage à l’échelle avec ses formations de renommées mondiales et s’affirmant désormais comme une École multicursus reconnue, disposant d’un vivier scientifique intégré au centre de recherche d’IP Paris et d’un pôle d’innovation qui accompagne un nombre croissant de start-up au sein d’un écosystème unique.

L’École a franchi un cap sur tous ces axes de développement, malgré un contexte marqué par la crise sanitaire. Et elle l’a fait grâce à l’engagement de l’ensemble du personnel et de la communauté polytechnicienne, ainsi qu’au soutien de sa tutelle et de ses administrateurs.

Parce que c’est une nécessité dans une institution d’excellence, je me suis particulièrement attaché au redressement opérationnel et financier de l’X pour lui assurer les moyens de son développement dans la durée.

J’ai aussi favorisé un changement d’envergure dans les engagements de l’École en phase avec les grands défis contemporains : la transition vers un monde plus soutenable et la promotion de l’inclusion dans le respect de toutes les diversités.

Avec l’élaboration et le début de la mise en œuvre des Contrats d’Objectifs et de Performance (COP) de l’X et d’IP Paris signés avec leur tutelle début 2022, les deux institutions sont aujourd’hui sur de bons rails.

 

Votre mandat a en effet été marqué par la crise sanitaire de la Covid. Quel en a été l’impact ?

Eric Labaye - Notre priorité a été d’assurer la continuité de nos missions de formation, de recherche et d’innovation grâce à une bascule opérationnelle en numérique. Nous avons réussi ce pari en une semaine grâce à la mobilisation de tous. Cette performance n’aurait pas été possible si la digitalisation de l’X n’avait pas été déjà engagée. De ce point de vue, la crise sanitaire a été certainement un vecteur d’accélération de cette transformation.

L’École s’est aussi pleinement engagée dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 et au service de l’intérêt général. Nos étudiants se sont mobilisés massivement au sein des hôpitaux, mais également chez les sapeurs-pompiers de Paris, en Gendarmerie ou à la Croix-Rouge. De nombreuses initiatives de chercheurs et d’entrepreneurs de l’X ont contribué à la lutte contre la pandémie.

La crise sanitaire, à la fois soudaine et brutale, a montré toute la pertinence des valeurs fondatrices de l’X : excellence et pluridisciplinarité des enseignements et de la recherche ; prise de responsabilité et leadership, sens de l’intérêt général, discipline, esprit d’équipe et attention aux autres.

 

Moins de cinq ans après sa création, comment se positionne l’Institut Polytechnique de Paris ?

Eric Labaye - La création d’IP Paris a été annoncée par le Président de la République en octobre 2017 avec l’ambition de faire de ce nouvel établissement un MIT ou un EPFL à la française. Nous l’avons créé en quelques mois avec les 5 écoles fondatrices (École polytechnique, ENSAE Paris, ENSTA Paris, Télécom Paris et Télécom SudParis) et l’avons positionné d’entrée comme un leader mondial en sciences et technologies. IP Paris est classé 38e mondial (2e France) des 1500 meilleures universités mondiales, 10e mondial (1er France) pour sa réputation parmi les employeurs et 34e mondial (1er France) des universités les plus internationales. IP Paris se classe également dans le Top 30 des meilleures universités dans de nombreuses disciplines : 14e en Mathématiques, 21e en Ingénierie et Technologie, 23e en Statistiques, 26e en Sciences naturelles.

L’organisation ou l’accueil de nombreux événements scientifiques prestigieux, et notamment les deux premières éditions, en 2019 et en 2023, du colloque international REFLEXIONS consacré aux enjeux du développement durable, illustre le rayonnement aussi bien national qu’international de l’X et d’IP Paris.

La venue de responsables politiques de premier plan, de personnalités du monde économique, de représentants de la société civile ou de dirigeants d’organisations internationales pour dialoguer avec les étudiants de l’X et d’IP Paris témoigne aussi de l’aura que l’institution a su affirmer au cours de ces cinq dernières années.

 

Que représente aujourd’hui l’Institut Polytechnique de Paris dans l’environnement de l’ESR et comment s’y inscrit-il ?

Eric Labaye - Porté par une équipe très dynamique, IP Paris a atteint une masse critique en formation, en recherche (1 400 enseignants-chercheurs) et en innovation (environ 100 start-up par an).

Il compte une graduate school avec 700 étudiants en masters (+2 à 3 % chaque année), un PhD track de 80 étudiants, et 1 100 doctorants dans les 32 laboratoires qui composent notre centre de recherche. Six centres interdisciplinaires qui traitent de sujets sociétaux clés ont été lancés : Energy for Climate (E4C) pour la transition énergétique, Hi! Paris, dédié à l’Intelligence artificielle et à l’analyse des données, le Centre Interdisciplinaire d’Études de la Défense et la Sécurité (CIEDS) qui a pour objectif de mener des recherches scientifiques de pointe dans des domaines d’intérêt pour la Défense, Engineering for Health (E4H) consacré à l’ingénierie biomédicale, Materials for Society (M4S) pour la recherche sur les matériaux innovants et SPIRAL, qui réunit les arts et les sciences.

Le centre de recherche est porteur des ambitions d’avenir. Il dispose d’une gouvernance et d’un advisory board international (ISAB). Il comprend 10 départements disciplinaires et porte la contribution des 32 laboratoires thématiques de l’Institut dans des projets transversaux et pluridisciplinaires.

Pour accompagner son développement, IP Paris s’est rapproché des Organismes Nationaux de Recherche pour créer des partenariats forts (signature en 2021 d’un protocole avec INRIA pour renforcer son leadership dans le numérique et l’IA) ainsi que des institutions de l’ESR (partenariat avec HEC en 2019 et de nombreuses coopérations scientifiques, notamment avec la Fondation Hadamard). Les perspectives se portent maintenant sur la mise à jour de la stratégie commune avec le CNRS et les travaux sur un éventuel rapprochement avec l’École nationale des ponts et chaussées.

Un accroissement des ressources propres était nécessaire pour assurer un développement pérenne de l’X et IP Paris. Les équipes ont travaillé avec les ministères de tutelle à un principe d’abondement des financements publics de long terme, proportionnel à la croissance des financements par projets obtenus. Ces « matching funds » sont mis en œuvre et constituent un changement de paradigme dans l’approche de financement dont IP Paris a besoin pour se donner les moyens de ses ambitions. 

Enfin, un schéma directeur du campus a vu le jour afin de penser et bâtir collectivement le campus en concertation avec nos publics et nos partenaires. Le développement immobilier et urbain est désormais pensé à grande échelle pour bâtir un campus à la fois vivant, attractif et soutenable.

 

Vous dites que l’X est devenue une École multicursus reconnue, que recouvre cette affirmation ?

Eric Labaye - Depuis 2017 et le lancement des nouvelles formations – Bachelor, MSc&T, Executive Education, il y a eu un passage à l’échelle.

Les effectifs du Bachelor sont passés de 71 à 440 en 2023 atteignant l’objectif de 160 étudiants pour la promotion 2023, avec 2/3 d’internationaux et 35% de femmes. Le Bachelor essaime ses diplômés dans les meilleures universités mondiales et bénéficie aujourd’hui d’une formidable reconnaissance internationale. Un accord a été conclu en 2022 avec Columbia University pour la création d’un diplôme conjoint Bachelor/Master.

Concernant les MSc&T, sur la période les effectifs ont triplé pour atteindre 360 étudiants en 2023.

Depuis 2020, la promotion d’Executive master a atteint son objectif de 36 étudiants et une deuxième promotion est lancée en 2023.

L’École polytechnique a également lancé avec HEC un double-diplôme Data Science for Business classé 3e dans le monde et 1er en Europe. En 2022, un « MSc in Cybersecurity » de l’Institut Polytechnique de Paris a été créé en partenariat avec Orange.

Nous sommes donc aujourd’hui une École multicursus reconnue. Les cursus de formation couvrent désormais tout le spectre de l’enseignement supérieur et capitalisent sur suffisamment d’années d’existence pour déclencher une progression d’effectifs et de qualité propre à attirer des profils d’excellence, étudiants comme enseignants-chercheurs.

Depuis 2018, l’École a accentué son internationalisation notamment grâce à la croissance des nouvelles formations : la part des étudiants internationaux a progressé de 34 % à 39 % confirmant ainsi l’attractivité de ces formations. 

 

Quelle a été l’évolution du cycle ingénieur, le cursus historique de l’X, dont la dernière réforme d’ampleur remonte au début des années 2000 ?

Eric Labaye - L’École a également travaillé à l’évolution de son cycle ingénieur dans le but de renforcer la pertinence de sa formation pour maintenir son niveau d’excellence dans l’avenir, de valoriser la pluridisciplinarité et de poursuivre la modernisation de l’approche académique en renforçant les nouvelles pédagogies, en particulier à travers l’expérimentation et la mise en pratique.

Le cycle a connu une légère croissance d’effectifs sur la période 2017-2022 (2068 vs 2124) et il poursuit son ouverture à des profils plus variés pour les Français comme pour les internationaux.

Le cycle ingénieur se différencie des autres formations d’ingénieurs par son encadrement militaire et par un engagement fort de ses élèves pour l’intérêt général. Ce lien s’est encore manifesté avec le succès récent du 1er forum de l’emploi public auprès des élèves, organisé à l’X le 11 avril 2023 et clôturé par Stanislas Guerini, le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques.

L’École a aussi réaffirmé ses liens avec sa tutelle confirmant sa singularité dans le paysage des Écoles d’ingénieur françaises en lançant avec l’Institut Polytechnique de Paris le Centre Interdisciplinaire pour la Défense et la Sécurité (CIEDS) et en accueillant régulièrement sur son campus des intervenants militaires du plus haut niveau (notamment le Chef d'état-major de la marine, l’Amiral Pierre Vandier ou le Chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Pierre Schill). L’évolution du cycle ingénieur intègre également une formation complémentaire aux enjeux de Défense afin d’exposer les élèves tout au long de leur parcours aux grands défis à relever pour notre souveraineté.

 

Un objectif ambitieux a été fixé pour l’X et IP Paris dans le domaine de la recherche avec pour objectif de rejoindre les meilleures institutions mondiales. Quels ont été les résultats dans ce domaine clé ?

Eric Labaye - Depuis 5 ans, la recherche s’est fortement développée à l’X et a connu de nombreux succès avec notamment le doublement du nombre d’ERC entre 2018 et 2022 (8 en 2022) et du volume de publications (1485 en 2018 à 2980 en 2021).

Le corps des enseignants-chercheurs s’est fortement internationalisé en passant de 31 % à 43 % d’internationaux entre 2017 et 2022.

L’École est également honorée de compter deux Prix Nobel parmi ses professeurs : Gérard Mourou en 2018 et Alain Aspect en 2022.

Depuis la création d’IP Paris, la stratégie de recherche de l’École polytechnique a été définie dans le cadre du nouvel établissement. La création des centres interdisciplinaires à IP Paris constitue un nouveau paradigme pour développer des recherches visant à répondre aux grands défis économiques et sociétaux et à décloisonner la recherche en incitant les 23 laboratoires présents à l’X à collaborer sur des sujets transverses. Six centres ont déjà été créés.

Un laboratoire commun a été créé avec Thales en 2022, HERACLES3, avec l’objectif de développer des technologies à la pointe de l’innovation, fondées sur des lasers intenses, avec un potentiel d’applications majeures, aussi bien industrielles, médicales que scientifiques.

IP Paris a également été cofondateur du Paris Saclay Cancer Cluster lancé en février 2022 et qui vise à accélérer l’innovation en oncologie afin d’atteindre la dynamique du Biocluster de Boston (financement de 100 millions d’euros de France 2030).

Afin de vulgariser les résultats de ses recherches, IP Paris a lancé en 2021 une revue digitale gratuite, Polytechnique Insights, comptabilisant 500 000 lecteurs et 45 000 abonnés.

 

Quelles ont été les avancées dans le troisième pilier de l’École, l’innovation et l’entrepreneuriat ?

Eric Labaye - Au cours de mon mandat, de nombreuses initiatives ont vu le jour pour accélérer l’innovation issue de l’écosystème de l’X et d’IP Paris.

Le Drahi-X a été étendu et accueille désormais 35 start-up (+ 84 % depuis 2022), 1168 M€ ont également été levés par la communauté des X.

Afin de favoriser l’émergence de l’entrepreneuriat Deeptech, IP Paris a lancé un appel à projets annuel prématuration depuis 2019 : 45 initiatives ont déjà été financées pour un montant de 3 millions d’euros. Cette stratégie a permis de positionner l’X et IP Paris comme un acteur majeur de l’innovation en France et à l’international : 1/3 des licornes et 35 % du Next 40 sont issus de nos alumni ou de notre écosystème. Nos start-up sont incontournables dans les grands évènements de l’innovation (21 start-up à VivaTech, Spring, CES).

IP Paris a été lauréat d’un projet de l’AAP Pôle Universitaire d’Innovation avec le projet IP3 afin d’accélérer son rayonnement et d’obtenir la labellisation de ses actions. Une stratégie a été développée pour participer à la transformation du parc d’activité de l’EPA Paris Saclay en un parc d’innovation au bénéfice d’IP Paris devant permettre le renforcement de sa stratégie d’innovation et de recherche en attirant des centres/équipes de recherche d’industriels ou d’autres laboratoires publics partenaires.

X-Création, qui a pour objectif de promouvoir la création d'entreprise dans les laboratoires et de faciliter l'intégration des projets de création dans le monde de l'entreprise, s’est fortement développé. Son actif net est passé d’environ 500 000 euros en 2017 à plus d’1,6 million d’euros en 2022 avec un portefeuille de 35 participations et ses dividendes ont permis d’alimenter le fonctionnement de l’X.

Le lancement du fonds Polytechnique Ventures par des alumni de l’École permet également de soutenir le développement des startups de l’écosystème d’innovation et d’entrepreneuriat de l’X. Trente-six millions d’euros ont déjà été levés et une partie investie dans 13 start-up !

 

L’École a une longue tradition d’engagement au service de l’intérêt général. Quels ont été les grands axes que vous avez souhaités mettre en avant sur ce plan ?

Eric Labaye - J’ai particulièrement eu à cœur d’engager pleinement l’École pour qu’elle contribue à la transition vers un monde plus soutenable.

En 2019, à l’occasion du 225e anniversaire de sa création, l’X a affirmé son ambition d’intégrer le développement durable comme paradigme dans tous ses domaines d’activité. En cohérence avec cet engagement, l’X a publié en 2022 son Plan climat présentant 10 objectifs à 5 ans regroupés en 3 piliers : former et engager, développer et innover, et réduire et responsabiliser.

Un an après sa publication, les avancées sont significatives sur les 3 piliers et l’École a diminué sa consommation d’électricité de 8 % et de gaz de 12 % entre 2019 et 2022.

Le Comité stratégique du Plan Climat s’est réuni en juin 2023 avec son Advisory Board pour dresser un premier bilan des actions mises en œuvre et proposer des perspectives et orientations pour la suite des travaux.

 

Le renforcement de la diversité sociale et de genre a aussi été un axe important de votre mandat. Quels ont été les résultats obtenus ans ce domaine ? 

Eric Labaye - Suite au rapport sur le renforcement de la diversité sociale partagé en 2019 avec ses tutelles, l’X a renforcé ses actions en la matière et en faveur de l’égalité femmes-hommes.

L’opération Monge, qui mobilise les élèves polytechniciens pour présenter et promouvoir les études scientifiques d’excellence et en particulier les Écoles d’ingénieurs auprès des lycéennes et lycéens touche désormais tout le territoire national, soit 450 lycées et 23 000 de leurs élèves. Les actions de mentorat et de tutorat se sont également développées.

La part de femmes parmi les étudiants a progressé passant de 22 % en 2017 à 26 % en 2022 avec la croissance des formations Bachelor et MSc&T (33 % de femmes parmi les entrants en 2022). L’organisation en 2022 du cinquantenaire de l’entrée des femmes à Polytechnique en présence de la Première ministre Elisabeth Borne a également permis d’inspirer de nombreuses jeunes femmes et de renforcer la visibilité et la portée de nos actions en faveur de l’égalité de genre.

En 2023, le lancement du Centre égalité des chances IP Paris doit permettre de changer à nouveau d’envergure en touchant 100 000 jeunes chaque année. En parallèle, IP Paris a créé le Centre international de langue et culture françaises avec pour objectif de promouvoir l’excellence pour tous les internationaux arrivant sur le campus, dans tous les aspects de leur expérience de la langue et de la culture françaises et francophones.

 

Le retour à l’équilibre financier de l’X était un des enjeux de votre mandat après un rapport de la Cour des comptes publié en 2020 pointant des efforts importants pour améliorer la gestion de l’établissement. Quelle est aujourd’hui la situation de l’École sur le plan financier et en termes d’efficacité opérationnelle ?

Eric Labaye - Quand je suis arrivé, l’X avait perdu 15 millions d’euros en 3 ans, et le COP prévoyait une baisse de 7 millions d’euros de la subvention de l’État. Nous avons inversé la tendance et sommes revenus à l’équilibre depuis deux ans et positif en cumulé de 4 millions d’euros sur 4 ans. Le pilotage financier de l’École est maintenant solide.

L’École a identifié en 2019 un besoin de rétablir un niveau de subvention similaire à celui du début du COP 2017-2021 (abondement de 10 millions d’euros par an) pour lui permettre de remplir ses missions de façon pérenne. Ce travail a abouti fin 2020 avec le vote d’un budget à l’équilibre pour 2021 et l’accompagnement de la tutelle via un positionnement de la subvention sur son niveau moyen observé sur 2006-2019.

Parallèlement, l’École s’est structurée pour améliorer sa gestion financière et humaine et transformer ses processus administratifs. Un nouveau système d’information financier a été déployé en janvier 2022. Son calibrage se poursuit et permettra de moderniser le pilotage de l’établissement pour les prochaines années. Dans le prolongement de la modernisation de son SI, l’École a travaillé à un schéma directeur des systèmes d’information qui propose une trajectoire pour rejoindre les meilleures institutions mondiales à horizon 2026.

Le redressement de la trajectoire financière de l’École a été sécurisé dans l’élaboration du COP 2022-2026 et lui permet d’assurer les projets de rénovation de son campus pour un budget de 217 millions d’euro avec des financements Etats, Région, PIA et un accompagnement de la Banque Européenne d’Investissement à hauteur de 70 millions d’euros.

La mise en œuvre opérationnelle de cette rénovation est une occasion unique. C’est un enjeu de taille pour réaliser une transformation matérielle du site et porter les enjeux de décloisonnement, de lien entre les enseignements et la recherche, d’ouverture et de bien-être étudiant et enfin de soutenabilité.

 

Un facteur important de rétablissement de l’équilibre financier a été le développement de partenariats. Comment avez-vous abordé cet aspect désormais nécessaire pour doter un établissement d’enseignement supérieur et de recherche des moyens de ses ambitions ?

Eric Labaye - Les cinq ans de ma mandature ont marqué un tournant et ont permis l’inscription de l’École dans un écosystème riche avec un fort développement des relations avec les entreprises, les Organismes Nationaux de Recherche et les meilleurs établissements de l’ESR pour ouvrir les perspectives et diversifier les sources de financement.

L’École s’est également inscrite dans la dynamique nationale d’encouragement de l’excellence et de déploiement de nouvelles compétences. Elle a répondu aux appels à projet de l’État dont France 2030 sur l’intelligence artificielle, les métiers de l’énergie ou de la santé.

Avec ses partenaires d’IP Paris, ce sont 30 à 40 millions d’euros qui ont été levés auprès des entreprises ces dernières années et plus de 40 millions d’euros ont été remportés via les appels à projets de l’Etat, dont France 2030 (notamment 7,8 millions d’euros pour l’AMI CMA IA, 28 millions d’euros pour l’AAP ExcellenceS, 5,7 millions d’euros pour l’AAP PUI).

La force de la communauté polytechnicienne ne s’est pas démentie avec un soutien renouvelé des alumni relayé par la Fondation vers les projets transformants de l’École.

La seconde campagne de levée de fonds menée entre 2016 et 2020 a collecté 87 millions d’euros auprès d’entreprises et de particuliers ayant permis l’amorçage et l’accélération d’une vingtaine de projets au service de la stratégie d’excellence et de croissance de l’École.

Nous avons déjà levé près de 30 millions depuis 2020 - dont le fonds Ifker pour le climat. L’ambition de la 3e campagne a été fixée à 200 millions d’euros afin de contribuer à la stratégie de développement de l’X et d’IP Paris. L’inscription des filiales FX Conseil et X-Exed dans une stratégie de développement des ressources externes concourt également à cet objectif.

Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont travaillé à développer l’École. Le Conseil d’administration, notre tutelle le Ministère des Armées mais aussi le Ministère de l’Économie et des Finances et bien sûr celui de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ainsi que toutes les forces vives de l’École : les enseignants-chercheurs, les personnels, les élèves et étudiants. Je n’oublie pas la communauté polytechnicienne dans son ensemble, la Fondation de l’X et l’AX pour leur soutien, et nos nombreux partenaires académiques et industriels. Ce sont nos efforts conjugués qui ont concrétisé toutes ces réussites dont nous pouvons collectivement être fiers, autant de succès qui nourrissent et encouragent les ambitions de l’X et d’IP Paris pour les années à venir.

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