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De la mobilité durable à la santé environnementale : l’interdisciplinarité à l’œuvre dans la Chaire Développement Durable
© Jérémy Barande
Pionnière des Chaires de mécénat à l’École polytechnique, la Chaire Développement Durable a été signée en 2003 avec le soutien d’EDF pour mobiliser les départements d’enseignement et de recherche de l’X autour des enjeux du développement durable. Par son action, elle favorise le décloisonnement entre sciences économiques et sociales, sciences naturelles et ingénierie, en mettant en commun des approches variées pour répondre aux défis environnementaux et sociétaux.
Au fil des années, la Chaire a soutenu de nombreux projets de recherche dans des domaines très variés et a enrichi l’enseignement en proposant aux élèves ingénieurs des programmes leur permettant d’approfondir leurs connaissances sur les enjeux environnementaux.
Aujourd’hui portée par Benoît Schmutz-Bloch, spécialiste des questions d’économie urbaine, professeur associé au Département d’économie de l’École polytechnique, membre du Centre de recherche en économie et statistique (CREST*) et de l’Institut des politiques publiques, et titulaire de la chaire professorale Jean Marjoulet, la Chaire poursuit son rôle de passerelle entre la recherche et l’innovation en accompagnant et en soutenant des projets innovants.
La Chaire DDX a permis, au cours de sa riche existence, le plein déploiement de la thématique du développement durable au sein de l’Ecole Polytechnique, puis de l’Institut Polytechnique de Paris. En 2025, elle a apporté son soutien à une dizaine de projets de recherche de taille intermédiaire, trop importants pour les fonds propres des départements, mais généralement trop petits pour justifier le recours à des financements externes. Son agilité et sa réactivité sont particulièrement prisées par les chercheurs. Son ADN interdisciplinaire s’avère très utile pour encourager le dialogue entre départements et la construction de cours novateurs sur cet enjeu majeur de société.
Etudier les conditions d’une transition réussie vers la mobilité électrique
Parmi les projets actuellement soutenus figure une étude menée par Clément Malgouyres, chercheur CNRS au CREST et à l’Institut des politiques publiques, consacrée au verdissement du parc automobile français.
Dans un contexte où les véhicules particuliers représentent plus de la moitié des émissions du transport en France, ce projet vise à mieux comprendre les effets réels des politiques publiques encourageant l’adoption de véhicules électriques.
Un élément central du projet repose sur la collecte de données inédites sur les « seconds choix » des consommateurs, afin de mieux mesurer les substitutions entre types de véhicules. Cette approche permettra d’estimer plus précisément l’impact des dispositifs publics sur les émissions de CO₂ et sur la dynamique du marché.
Mieux comprendre la formation du givre pour améliorer la résilience des infrastructures énergétiques
La Chaire soutient également un projet du LadHyX* porté par Caroline Cohen et Christophe Josserand, tous deux professeurs au Département de Mécanique de l’École polytechnique, consacré à la formation de givre sur des surfaces solides.
Ce phénomène physique, encore imparfaitement compris dans des conditions dynamiques, peut entraîner des conséquences importantes pour les systèmes énergétiques. Par exemple, l’accumulation de glace sur les pales d’éoliennes ou sur les lignes électriques entraîne en effet des pertes d’efficacité, des arrêts d’exploitation ou des risques structurels.
Le projet vise à caractériser expérimentalement la formation du givre en fonction des propriétés des gouttelettes, de l’environnement et de la géométrie des structures. Les résultats permettront de développer des modèles de croissance de glace et, à terme, d’améliorer la prédiction et la prévention de ces phénomènes.
Explorer les impacts sanitaires des nanoparticules environnementales
La Chaire accompagne également des recherches en biologie et santé environnementale menées au laboratoire BIOC* par l’équipe de Benoît Schneider, directeur de recherche CNRS.
Ce projet étudie l’impact potentiel des nanoparticules issues de la pollution atmosphérique, des nanomatériaux industriels, ou des nanoplastiques sur la maladie d’Alzheimer. Des travaux préliminaires ont montré que certaines de ces nanoparticules pouvaient interagir avec des mécanismes cellulaires impliqués dans la production de peptides neurotoxiques.
En combinant approches expérimentales, microscopie avancée et modèles cellulaires humains, l’équipe cherche à mieux évaluer les risques sanitaires liés à l’exposition nanoparticulaire.
À terme, ces recherches pourraient contribuer à orienter les politiques de prévention et de réduction de l’exposition environnementale.
Une Chaire au croisement des disciplines
À travers ces projets, la Chaire Développement Durable illustre le rôle structurant de la recherche académique dans l’accompagnement des transitions. En mobilisant économistes, physiciens, biologistes, chimistes, chercheurs en sciences humaines et sociales et en mécanique, elle favorise des approches intégrées capables de relier enjeux industriels, environnementaux et sanitaires.
Après 23 ans d’existence, la Chaire poursuit ainsi sa mission : produire des connaissances utiles à la décision publique et aux stratégies industrielles, tout en formant un socle scientifique solide pour relever les défis du développement durable.
*BIOC : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique, Institut Polytechnique de Paris, 91120 Palaiseau, France
*CREST : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique, GENES, ENSAE Paris, Institut Polytechnique de Paris, 91120 Palaiseau, France
*LadHyX : une unité mixte de recherche CNRS, École polytechnique, Institut Polytechnique de Paris, 91120 Palaiseau, France
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