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Des parcours féminins hors du commun dans la science valorisés à l’X
L’événement « Chercheuses, la recherche par les femmes à l’École polytechnique » © Jérémy Barande, École polytechnique
« Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre ». Avec cette citation de Marie Curie, l'astrophysicienne Anne-Marie Lagrange illustre sa vision du monde et de la science en particulier au cours de la conférence qu’elle a donnée à l’X à l’occasion de l’événement « Chercheuses, la recherche par les femmes à l’École polytechnique », organisé en avril dernier sur le campus. Selon ses propres mots, Anne-Marie Lagrange n’était pas destinée à faire de la recherche et à évoluer dans le milieu scientifique. En cause : son milieu social (modeste), son lieu de résidence (rural), son genre (féminin). Sa volonté l’a pourtant poussée à poursuivre sa passion : la science et plus précisément l’astrophysique. « Quand on pense qu’on peut obtenir des résultats, il faut aller au bout des choses, même si cela demande de la persévérance », affirme-t-elle à un public composé d’autres chercheurs(es), d’étudiant(e)s et de personnel de l’École polytechnique. Tout au long de sa riche carrière, cette ancienne élève de l’X (promotion 1982) essaye de comprendre le monde et surtout celui qui se trouve au-delà de notre système solaire. Anne-Marie Lagrange fait effectivement partie des pionnières de l’exoplanétologie, une discipline scientifique étudiant les planètes situées hors de celui-ci.
Anne-Marie Lagrange n’est d’ailleurs pas la seule à avoir construit une carrière hors du commun, comme le prouve les scientifiques qui interviennent à cet événement. Anne Bourdon, chercheuse au LPP (Laboratoire de physique des plasmas), demeure encore surprise par sa propre réussite. « Quand j’étais en thèse, je n’aurais jamais imaginé devenir plus tard directrice de recherche au CNRS », confie-t-elle à l’assemblée en toute humilité.
Vers plus de mixité dans la recherche
Même si le nombre de femmes scientifiques a augmenté, la mixité reste encore une problématique dans le monde de la recherche. « La situation s’est beaucoup améliorée dans ce domaine. Nous sommes certes loin de la parité femmes-hommes, surtout au niveau les plus élevés dans la hiérarchie, mais je suis convaincue que nous sommes sur la bonne voie », affirme Anne-Marie Lagrange.
Certaines disciplines comme les mathématiques peuvent « faire peur », d’après la chercheuse Marie Doumic du CMAP (Centre de Mathématiques Appliquées de l'École polytechnique). « Les mathématiques ont été depuis leur origine une discipline sélective, ce qui peut freiner certaines vocations. Néanmoins, la peur ne doit pas être un élément déterminant dans nos choix pédagogiques et professionnels. C’est naturel d’en ressentir. Je suis persuadée que les plus grands mathématiciens ont aussi des moments de doute ou de crainte durant leur carrière. » Marie Doumic raconte lors de son intervention que c’est la biologie qui l’a attirée vers les mathématiques très tôt. « Les mathématiques appliquées à la biologie commençaient à vraiment se développer en France. Cela me fascinait lorsque j’étais au lycée, car j’aimais beaucoup la biologie. » Une passion en entraînant une autre, elle intègre des années plus tard l’Inria, en s’intéressant tout d’abord à la biologie, puis aux mathématiques. Elle y exerce ses fonctions à présent depuis une vingtaine d’années.
Faire progresser ensemble la recherche
Comprendre, poser des questions, interagir avec d’autres scientifiques est la clé pour faire avancer la recherche. « Les relations humaines sont au cœur de nos métiers. Les collaborations sont essentielles si l’on veut avoir des résultats. Il est important de se poser ensemble les bonnes questions », explique Vicky Kalogeiton, chercheuse en intelligence artificielle au LIX (Laboratoire d'informatique de l'École polytechnique).
L’interdisciplinarité est au cœur des recherches de nombreuses scientifiques, dont Claire Leclech, experte en bioingénierie au LadHyX (Laboratoire d’hydrodynamique). « Je réalise des travaux en biologie cellulaire, bioingénierie et biophysique. Les recherches interdisciplinaires permettent d’avoir une vision complète des processus étudiés. Grâce à cette compréhension des mécanismes fondamentaux, on peut ensuite proposer des applications pertinentes. »
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