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« Face au délitement du droit international, nous devons anticiper tous les scénarios de guerre », Nicolas Roche, SGDSN, à l’X
© Jérémy Barande, École polytechnique
« Le niveau de menaces actuel est le plus haut niveau jamais atteint depuis la fin de la Guerre froide. » Sans langue de bois, Nicolas Roche, secrétaire général à la Défense et à la Sécurité Nationale, a posé les nouveaux enjeux de la défense et de la sécurité à l’occasion d’une conférence suivie d’un échange avec les promotions X23 et X24 des élèves ingénieurs polytechniciens.
Il a exposé le rôle du SGDSN pour coordonner la stratégie nationale de défense et de sécurité entre les ministères et élaborer avec l’ensemble des acteurs des scénarios anticipant les menaces de toutes sortes (numérique, espionnage, sabotage, manipulation de l’information et de troubles à l’ordre public à des fins stratégiques, usage de drones à des fins militaires).
« Au-delà des ministères, chacun et chacune a un rôle à jouer : les collectivités territoriales, les experts, les think tanks, les ONG, les entreprises et plus globalement les citoyens dans leur ensemble pour faire face aux menaces. » C’est ainsi qu’a été pensée et rédigée la « Revue nationale stratégique », publiée en juillet 2025. Nicolas Roche a échangé avec les élèves ingénieurs polytechniciens des promotions X23 et X24 autour de ce document qu’il les a invités à lire dans son intégralité en soulignant l’importance du paragraphe 112. « La Revue nationale stratégique est un document simple, honnête, direct sans périphrase (…) pour faire comprendre à l’ensemble des Français la nature exacte des scénarios de menaces auxquels nous sommes susceptibles d’être confrontés et surtout (la nécessité) de passer du temps de l’intelligence stratégique au temps de l’action », a-t-il souligné.
« Vous avez un rôle à jouer ! »
Le paragraphe 112 évoque un scénario central : « se préparer à la guerre ». Loin des polémiques, Nicolas Roche a tenu à préciser : « il ne s’agit pas d’une guerre conventionnelle sur notre territoire national métropolitain », mais de multiples attaques hybrides à gérer simultanément sur tous les fronts. Pour cela, les maîtres mots sont la planification, l’anticipation et l’adaptation. « Si nous nous préparons au scénario le plus dimensionnant et le plus structurant, nous avons davantage de chances de faire face aux attaques non prévues. La réalité n’est jamais conforme au plan », a-t-il averti.
Selon lui, ce scénario central implique de relever trois défis : transformer l’outil de défense pour le préparer à la guerre, sensibiliser l’ensemble de la Nation aux risques d’attaques hybrides (cyberattaques, espionnage, désinformation…), et affronter ces deux défis en même temps. « Nous n’avons pas le luxe de choisir les menaces, les risques ou les séquences au cours desquelles ces derniers nous seront imposés par nos adversaires », a-t-il prévenu.
« Que vous travailliez dans vos premières années à la direction générale de l’Armement, au ministère des Armées, dans l’industrie, dans l’ensemble de la société, vous aurez un rôle essentiel à jouer chacun à votre place, chacun avec vos responsabilités, et surtout avec votre formation exigeante, notamment en sciences dures et en numérique, pour que finalement (…) la Nation soit prête à tous les risques et à toutes les menaces qui lui sont imposées de l’extérieur », a poursuivi Nicolas Roche à l’attention des élèves polytechniciens.
À la suite de sa conférence, Nicolas Roche a échangé avec les élèves polytechniciens sur la situation internationale (le Groenland, le Vénézuéla, l’Iran, etc.) et en particulier sur la montée des conflits et tensions dans le monde, où le multilatéralisme et le respect de la règle de droit qui ont prévalu après la fin de la Seconde Guerre mondiale sont de plus en plus remis en cause. « Dans un monde qui nous impose ses risques, nous ne pouvons pas être naïfs ni renier ce qui constitue notre essence [NDLR : notre rapport au droit] au risque de perdre des deux côtés. La France, et plus généralement l’Europe, doit développer une capacité de défense autonome », a-t-il plaidé.
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