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Quand la science rayonne à l’international avec la Chaire « Data Science & Processus Industriels
Du 23 au 25 mars 2026, la Spring School « AI for Impact », consacrée à la data science et à l’intelligence artificielle, se tient à Ben Guérir, au Maroc. Portée conjointement par l’École polytechnique et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), partenaires académiques de la Chaire « Data Science et Processus industriels » soutenue par le Groupe OCP et la Fondation de l’X, ainsi que par l’Ecole Marocaine des Sciences de l’Ingénieur (EMSI), cette initiative rassemble plusieurs centaines d’étudiants, chercheurs et professionnels venus du monde entier.
En quelques années, l’événement s’est imposé comme un rendez-vous de référence, à la croisée de la formation, de la recherche et de l’industrie : un espace où l’apprentissage se nourrit autant de l’excellence académique que de la richesse des échanges informels.
La Chaire « Data Science & Processus Industriels », développée dans le cadre d’une collaboration entre l’École polytechnique et l’Université Mohammed VI Polytechnique, et à laquelle sont notamment associés Éric Moulines (Fondateur de la Chaire, professeur à l’X au CMAP*), Nicolas Cheimanoff (Directeur de Ecole de Management Industriel (EMINES)) et Alain Durmus (Porteur actuel, professeur au CMAP*), joue un rôle structurant dans l’organisation et le rayonnement de cette école de printemps.
Une Spring School qui a changé d’échelle
Pour Eric Moulines, fondateur de la Chaire DSPI, la Spring School a connu une véritable montée en puissance : « Elle s’est progressivement renforcée sur deux axes. Sur le contenu, elle couvre aujourd’hui un spectre plus large, avec une articulation plus nette entre les thématiques scientifiques émergentes (modèles génératifs, IA pour la décision, apprentissage à grande échelle, etc.) et les applications avec les ateliers pour favoriser le passage à la pratique. Sur le rayonnement, l’événement attire davantage de participants et d’intervenants internationaux, ce qui accroît la diversité des points de vue et renforce la visibilité de la Chaire et de ses partenaires. Cette montée en puissance se fait tout en conservant l’ADN “école” : proximité, pédagogie, échanges. »
Mohammed El Rhabi, professeur et co-organisateur (EMSI), confirme : « D’une édition à l’autre, l’intérêt grandit. L’édition 2025 a rassemblé 430 participants venus de 13 pays et 4 continents, avec 43 universités représentées, 71 professionnels et 44 entreprises. La Spring School n’est plus seulement un événement académique local ou régional. Elle devient un lieu crédible de dialogue scientifique international, ancré au Maroc mais ouvert sur le monde. »
Cette progression ne se limite pas aux chiffres : la diversité des intervenants et participants enrichit les échanges et renforce la qualité scientifique des discussions. « La complémentarité entre les organisateurs, entre rôles scientifiques et institutionnels, a été essentielle », précise Mohammed.
Un rayonnement renforcé grâce à la complémentarité des équipes
« La Spring School gagne en portée internationale grâce à la diversité des profils, des institutions et des pays représentés. Cette richesse permet des échanges plus profonds et plus denses, renforçant la qualité scientifique de l’événement.Cette dynamique repose également sur la complémentarité des organisateurs (EMINES - UM6P, l’École Polytechnique, EMSI). Eric Moulines, Nicolas Cheimanoff et moi-même avons des rôles différents mais étroitement articulés, ce qui a été déterminant dans l’ingénierie scientifique et institutionnelle de la Spring School. Au-delà d’une idée forte, ce projet s’appuie sur la confiance mutuelle et une exigence partagée, moteurs de son succès. »- Mohammed El Rhabi
Trois jours d’intensité et de rencontres
Concrètement, que vivent les participants pendant ces trois jours ? Eric Moulines résume : « Trois dimensions restent en mémoire : d’abord les cours approfondis dispensés par des intervenants de premier plan, ensuite les moments d’échange informels — discussions après les sessions, ateliers — et enfin la dynamique collective : vivre trois jours intenses avec des acteurs internationaux partageant la même curiosité et la même exigence. »
Les ateliers pratiques (« hands-on ») permettent aux participants de s’approprier activement les concepts, tandis que les discussions spontanées, parfois imprévues, deviennent les moments les plus marquants : « Une question d’étudiant, un échange à la sortie d’une conférence peut complètement déplacer le regard sur un sujet », ajoute Mohammed El Rhabi. « C’est là que réside la vraie force de cette école : un lieu de rencontre intellectuelle et de construction scientifique. »
Une expérience structurante pour les étudiants
Au-delà des contenus académiques, la Spring School offre une expérience qui transforme la trajectoire des participants. « Les étudiants apprennent à interagir avec des chercheurs seniors, à formuler des questions sur des sujets pointus, et pour les plus avancés, à se projeter dans des parcours scientifiques ambitieux », explique Eric Moulines.
Mohammed El-Rahbi ajoute : « Ils découvrent d’autres manières de poser les problèmes, d’articuler théorie et application, et comprennent que les grandes questions scientifiques se construisent dans la confrontation des idées et des méthodes. »
La diversité internationale joue ici un rôle central : elle expose les participants à des visions différentes, à des standards internationaux et à des approches variées, tout en leur permettant de construire un réseau scientifique et professionnel solide.
Une passerelle entre recherche et industrie
La Spring School n’est pas seulement un espace académique. Elle crée aussi des ponts avec le monde industriel. Cette année, des ateliers animés par des professionnels et deux tables rondes — dont l’une sur l’«Industry at Scale» - permettent d’explorer les usages concrets de l’IA et d’initier des projets collaboratifs.
Mohammed El-Rahbi insiste : « Ces rencontres structurent des habitudes de travail partagées et des réseaux de confiance, essentiels pour faire émerger des projets qui n’auraient pas vu le jour autrement. »
Vers une Spring School idéale
Le souhait d’Eric Moulines est que l’école devienne encore plus intégrée : « Des cours exigeants, davantage de projets encadrés et de “hands-on”, pour connecter rapidement les idées à la pratique. Renforcer les liens avec l’écosystème industriel et consolider une communauté durable d’alumni et de collaborations récurrentes. »
Mohammed El-Rabi complète : « Un lieu où l’on entend le matin des chercheurs de premier plan, travaille l’après-midi sur des problèmes réels, et expérimente la circulation entre recherche fondamentale, technologie et enjeux concrets. L’objectif : construire de nouveaux équilibres entre formation, recherche et innovation, avec un regard international. »
Une motivation portée par l’impact humain
Pour Eric Moulines, l’énergie de l’événement vient de l’impact humain et scientifique : « Voir les étudiants progresser, gagner en ambition et se projeter dans des parcours exigeants est extrêmement stimulant. La Spring School crée des ponts entre disciplines, institutions, pays, recherche et industrie. »
Mohammed El Rhabi conclut : « Dans un continent jeune comme le nôtre, offrir à des étudiants la possibilité de rencontrer des chercheurs de premier plan, découvrir des idées exigeantes et se projeter dans une aventure scientifique, c’est donner naissance à des vocations, de la confiance et parfois à de véritables changements de trajectoire. »
La Chaire DSPI : un catalyseur pour l’écosystème scientifique et industriel au Maroc
« La Chaire joue un rôle de “catalyseur” : elle crée un espace où industriels et chercheurs peuvent formuler ensemble les bonnes questions, puis mobiliser des étudiants très bien formés pour prototyper, tester, et parfois transférer des solutions. Au-delà des projets eux-mêmes, cette dynamique installe des relations de confiance, qui sont essentielles pour faire émerger des partenariats durables. La chaire accompagne la structuration rapide de l’écosystème de la data et de l’IA au Maroc, qui se développe très vite dans de nombreux secteurs. » – Eric Moulines
Cap sur l’avenir : les grandes priorités et défis de la Chaire DSPI
« Si l’on se projette dans les prochaines années, les priorités scientifiques seront guidées par les besoins économiques et sociétaux du Maroc, notamment dans l’agriculture, l’énergie et l’écologie. Les méthodes de simulation et d’inférence pour les modèles physiques, l’apprentissage par renforcement ou encore la quantification de l’incertitude apparaissent comme particulièrement pertinentes.Sur le plan pédagogique, la Chaire mettra l’accent sur la formation aux grands paradigmes actuels de l’intelligence artificielle. Cela inclut notamment l’intelligence artificielle générative, l’apprentissage par renforcement, ainsi que les nouvelles méthodes de gestion de l’incertitude L’objectif sera de former des étudiants capables de combiner rigueur mathématique, compréhension des enjeux applicatifs et maîtrise des outils modernes de l’IA.
Le principal défi pour la Chaire sera d’accompagner les étudiants dans un contexte où l’intelligence artificielle connaît des évolutions scientifiques et méthodologiques extrêmement rapides. Les paradigmes, les outils et les applications se transforment en profondeur en l’espace de quelques années, voire de quelques mois. Dans ce contexte, il ne s’agit pas seulement de transmettre des connaissances, mais aussi de former des esprits capables de s’adapter, de prendre du recul et d’intégrer en continu de nouveaux concepts. La Chaire devra ainsi trouver le juste équilibre entre des fondements théoriques solides et une exposition aux développements les plus récents de l’IA, afin de préparer les étudiants à évoluer dans un environnement scientifique en constante mutation. » – Alain Durmus
Former, structurer, rayonner : une Chaire qui tient ses promesses
« La Chaire continue de remplir efficacement ses missions : accompagner la montée en maturité de l’établissement partenaire au Maroc, former des formateurs qualifiés et ancrés dans les réalités du terrain et offrir aux étudiants marocains des perspectives professionnelles prometteuses, tant au niveau national qu’international. Les enseignements sont bien en place, la recherche est dynamique, et la Spring School annuelle contribue activement à la visibilité et à la reconnaissance de la Chaire ». - Nicolas Cheimanoff
CMAP* : CMAP : une unité mixte de recherche CNRS, Inria, École polytechnique, Institut Polytechnique de Paris, 91120 Palaiseau, France
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