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Radiant : l’ascension d’une start-up greentech accompagnée par l’X
Alexandre Meurisse et Thomas Delhon
Quel est l’objectif de votre start-up Radiant ?
Alexandre Meurisse : Décarboner la chaleur industrielle grâce à notre technologie Belenos qui s’appuie sur la concentration de l’énergie solaire. Cette énergie est utilisée pour chauffer de l’air jusqu’à 1000 degrés, qui remplace le gaz dont se servent les industriels dans leur cycle de production. Nous proposons donc une alternative totalement décarbonée aux combustibles fossiles tout en étant plus rentable économiquement parlant.
D’où est venue l’idée de créer Radiant ?
Thomas Delhon : Passionné par la technologie depuis l’enfance, j’ai voulu créer une entreprise à la fin de mes études en ingénierie aérospatiale. La concentration solaire a très rapidement attiré mon attention pour des applications spatiales, puis j’ai réalisé son potentiel pour la décarbonation de l’industrie. Avec Alexandre, nous sommes passés ensemble du spatial au biochar*, qui stocke le CO2 ; puis pour des raisons stratégiques, nous avons délaissé le biochar pour nous recentrer sur notre technologie de concentration solaire et son principal atout : la production d’une chaleur décarbonée et compétitive.
Alexandre Meurisse : J’ai fait mon doctorat au sein du DLR de Cologne, en Allemagne, ce qui a facilité la prise de contact et la confiance mutuelle pour avancer avec les chercheurs sur ce projet. Ces derniers ont travaillé durant une quinzaine d’années sur cette technologie de concentration solaire. Ils étaient intéressés par une mise à l’échelle industrielle de cette innovation, c’est ce que nous faisons avec Radiant en passant du savoir à sa concrétisation afin que la recherche soit utile à la société tout entière.
Pouvez-vous nous parler de l’accompagnement offert par l’incubateur X-UP de Polytechnique ?
Alexandre Meurisse : Nous avons fait partie de la promotion X-UP 17, d’avril 2024 à février 2025. Nous avons eu de très bons contacts avec l’équipe du X Novation Center [NDRL : Centre d'entrepreneuriat et d'innovation de l'École polytechnique] et les autres entrepreneurs de notre promotion. Ces liens se sont maintenus. Je suis d’ailleurs en ce moment même à l’X. Pour la partie technique de notre projet, nous utilisons en outre les installations du X-FAB, l’espace de prototypage du X Novation Center.
Globalement, cet accompagnement donne les moyens aux entrepreneurs de transformer des idées en projet(s).
À titre personnel, il m’a permis de mieux appréhender le métier d’entrepreneur, qui n’était pas une vocation pour moi, contrairement à Thomas, qui était familier avec le milieu de l’entrepreneuriat.
Thomas Delhon : Effectivement, j’avais déjà suivi des cours d’entrepreneuriat et de management durant mes études.
Au sein de l’incubateur, de nombreux ateliers (juridique, finance, communication…) sont proposés, ce qui est très bénéfique en tant que jeune entrepreneur.
De plus, en étant incubé à l’École polytechnique, nous bénéficions de son réseau et des dispositifs mis en place pour valoriser ses start-up. C’est grâce à l’X que nous avons eu la chance de participer à la compétition Stage Two, qui s’est tenue à Berlin du 28 au 30 octobre 2025, où une quarantaine d’universités et écoles européennes ont envoyé leurs meilleures start-up. Après avoir remporté un concours interne organisé par le Centre d'entrepreneuriat et d'innovation de l'École polytechnique, nous avons représenté l’X et la France à cet événement. Notre start-up est arrivée en première position de cette compétition sur un total de 40 start-up.
Qu’est-ce que cette reconnaissance représente pour vous ?
Thomas Delhon : J’ai ressenti une immense joie de remporter ce concours. Je tiens à remercier avec Alexandre l’équipe du X Novation Center et plus largement l’École polytechnique pour cette opportunité. L’incubateur a eu un impact très fort sur notre entreprise. Sans son soutien, la suite des événements aurait pu être totalement différente, comme le résultat de notre dernière levée de fonds.
Comment s’est déroulée cette levée de fonds ?
Thomas Delhon : La levée de fonds, qui a eu lieu en décembre 2025, s’est très bien passée. Nous avons obtenu 2 millions d’euros, notamment de la part d’Hexa, un investisseur privé reconnu dans le milieu des start-up qui a plusieurs licornes françaises à son actif ; et des business angels, le réseau Tiresias Angels, ou encore Selim Chérif, un investisseur indépendant.
Avec ces investissements, nous allons pouvoir solliciter la BPI et des banques afin de poursuivre notre développement.
Quelles sont les prochaines étapes pour Radiant ?
Alexandre Meurisse : Cette année, notre premier enjeu est le recrutement pour agrandir notre équipe. Nous espérons passer de 3 [NDLR : 2 fondateurs et 1 salarié en 2025] à 10 personnes en six mois, d’ici mi-2026. Nous ciblons en particulier des profils d’ingénieurs et de commerciaux.
D’un point de vue technologique, nous travaillons à l’installation d’un site pilote au Mans et à l’augmentation de la puissance de notre technologie réceptrice de l’énergie solaire dans le but de réaliser une mise à l’échelle industrielle de notre innovation. Nous poursuivons également notre collaboration avec le DLR.
Par ailleurs, ce site pilote pourra servir à des tests grandeur nature auprès de nos futurs clients.
Thomas Delhon : Nous recherchons des prospects dans l’industrie du verre, du ciment et de la métallurgie dans son ensemble, tout d’abord en France, puis à l’international.
En plus de cette vitrine au Mans, nous participerons les 30, 31 mars et 1er avril 2026 au salon ChangeNOW, dédié au développement durable, pour agrandir notre réseau et attirer d’éventuels clients.
Fin 2026, une nouvelle levée de fonds sera organisée, et dès 2027, nos premiers projets commerciaux verront le jour avec des industriels.
Quels conseils donneriez-vous à un futur entrepreneur ou porteur de projet innovant ?
Thomas Delhon : Ne pas attendre le bon moment pour se lancer. Le parcours sera plus difficile et plus long que prévu, mais cela sera au final plus gratifiant. L’entrepreneuriat est une aventure qui en vaut la peine !
Alexandre Meurisse : Aucun entrepreneur n’a commencé avec la bonne idée dès le début. L’erreur est inhérente au parcours d’entrepreneur. C’est en se trompant qu’on trouve le bon sujet, le bon marché…
Enfin, entreprendre à deux et/ou être accompagné me semble important face à l’ampleur de la tâche.
*En 2025, la start-up Neamine a changé de nom pour devenir Radiant en proposant une nouvelle technologie Belenos axée sur la concentration solaire et la production de chaleur industrielle décarbonée.
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