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Margaret Bilu, nouvelle titulaire de la chaire professorale Jean Marjoulet de l’École polytechnique
Chargée de recherche CNRS au Centre de Mathématiques Laurent Schwartz (CNRS, École polytechnique - IP Paris) et spécialiste de géométrie algébrique et de théorie des nombres, Margaret Bilu est la nouvelle titulaire de la chaire professorale Jean Marjoulet. Elle succède à Benoît Schmutz-Bloch, professeur au Département d'économie de l'École polytechnique et membre du Centre de recherche en économie et statistique (CNRS, ENSAE Paris, École polytechnique - IP Paris, GENES).
Inaugurée en 2010 dans le cadre de la première campagne de levée de fonds de la Fondation de l’École polytechnique, cette chaire a été créée grâce à la générosité d’Hugues Lepic (X 1984), en mémoire de son grand-père, Jean Marjoulet, lui-même polytechnicien (X 1919). Elle est destinée à un jeune chercheur ou enseignant-chercheur de moins de 40 ans, à fort potentiel, recruté récemment à l'École polytechnique dans l'un de ses domaines d'excellence. Le titulaire de la chaire professorale Jean Marjoulet peut ainsi utiliser pendant trois ans l’enveloppe de 100 k€ qui lui est allouée pour financer son projet de recherche, notamment à travers le recrutement de post-doctorants et l’achat d’équipements.
Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Paris, Margaret Bilu est titulaire d’un doctorat en mathématiques intitulé « Produits eulériens motiviques », qu’elle a effectué à l’Université Paris-Sud. Après des post-doctorats aux États-Unis (Courant Institute of Mathematical Sciences - New York University) et en Autriche (Institute of Science and Technology Austria), elle a rejoint le CNRS en 2022, avec une première affectation à l’Institut de Mathématiques de Bordeaux. Depuis février 2025, elle est chargée de recherche à l’École polytechnique au sein du Centre de Mathématiques Laurent Schwartz.
L’objet-clé des recherches menées par Margaret Bilu est l'anneau de Grothendieck des variétés, un objet algébrique introduit par le mathématicien Alexander Grothendieck dans les années 1960. Celui-ci contient de nombreuses informations sur la géométrie des variétés algébriques, c’est-à-dire des objets géométriques définis par des équations polynomiales. En outre, de nombreux énoncés de théorie des nombres ont des analogues, de nature plus géométrique, qui peuvent être formulés au sein de cet anneau, ce qui fournit un dictionnaire très riche entre la théorie des nombres et la géométrie algébrique.
Dans le cadre du projet « MOTSTAT - New Horizons in Motivic Statistics » soutenu par la chaire professorale Jean Marjoulet, Margaret Bilu a pour ambition d’exploiter cette correspondance pour transposer au cadre géométrique certains outils classiques de théorie des nombres. Cela permettra notamment d’étudier les espaces de courbes sur les variétés algébriques à la lumière d’une analogie avec les célèbres conjectures de Manin. Un autre défi de taille dans le domaine est d’obtenir une compréhension unifiée des passages à la limite dans les deux cadres : si ceux-ci sont a priori incompatibles, l’espoir est de pouvoir montrer que dans la plupart des situations, les deux peuvent être expliqués par un phénomène plus fin appelé stabilisation de Hadamard, qui reste encore très peu étudié à ce jour.
« Je suis très honorée de succéder à Benoît Schmutz-Bloch en tant que titulaire de la chaire Jean Marjoulet. C’est une grande chance pour moi d’avoir l’opportunité de faire vivre ces thématiques de recherche à l’École polytechnique, notamment en invitant des experts du domaine et en recrutant un chercheur postdoctoral. », déclare Margaret Bilu.
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