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Entrepreneuriat à l’X : des dispositifs pluriels pour faire naître les pépites de demain
© Jérémy Barande, École polytechnique
En 2025, le Centre d'Entrepreneuriat et d'Innovation de l'École polytechnique, le X-Novation Center, a fêté ses dix ans. De l’avis de Marc Gillmann, directeur entrepreneuriat et innovation de l’X, il a déjà connu « plusieurs vies marquées par la consolidation des dispositifs d’accompagnement. En 2019, l’arrivée de plusieurs services de l’École et d’entreprises a conduit à doubler sa surface, pour la porter à près de 5 000 m2 ». Au fil des ans, le X-Novation Center est devenu un espace emblématique et essentiel, car la recherche et l’innovation font depuis toujours partie de l’ADN de l'École polytechnique. « Les doctorants, les étudiants de tous horizons travaillaient sur des innovations dans leur laboratoire de recherche sans accompagnement. L’envie de porter des projets et d’entreprendre existait déjà. Il ne manquait plus qu’une infrastructure pour l’incarner », raconte Philippe Hazet, responsable de l'incubateur de l'École polytechnique, X-UP. Le X-Novation Center voit le jour en 2015 grâce au mécénat de Patrick Drahi, alumni (X1983) et au soutien de la Fondation de l’École polytechnique. Il est alors construit sur le campus de l’X, au cœur du territoire d’innovation de rang mondial de Paris-Saclay.
Le « X-novation Center est un lieu en perpétuelle transformation », Marc Gillmann
Outre l’incubateur X-UP et l’espace de prototypage X-FAB, le Centre d'Entrepreneuriat et d'Innovation héberge plusieurs entités en lien avec l’innovation, qu’elles soient rattachées à l’X ou à l’Institut polytechnique de Paris. Le service de valorisation de l’École vient de s’établir à proximité de la direction des relations entreprises et de la filiale Polytechnique solution pour établir un ensemble cohérent. La présence du Centre Spatial Étudiant de l'École polytechnique, de trois centres interdisciplinaires d’IP Paris (Energy for Climate, Engineering for Health et le Centre interdisciplinaire d’Études pour la Défense et la Sécurité) ou encore du laboratoire d’innovation sont autant de ressources pour les projets incubés chez X-UP.
Les programmes d’accompagnement de l’incubateur se déclinent à présent en une marque unique, X-UP. « Notre souhait était de proposer une continuité dans l’accompagnement en allant de l’idée à la concrétisation du projet jusqu’à son accélération pour soutenir sa croissance », explique Philippe Hazet. De là, sont nés fin 2023 trois programmes complémentaires : X-UP Create (une incubation initiale pour le lancement), X-UP Scale (une offre d’accélération sur mesure pour des start-up plus mâtures) et X-UP Access (un hébergement et une immersion dans l’environnement de l’École polytechnique). « X-UP Scale était le chaînon manquant de l’accompagnement. Ce programme d’accélération permet de poursuivre l’accompagnement des start-up qui ont terminé leur incubation, mais qui souhaitent continuer à bénéficier de l’accompagnement de l’incubateur sur des besoins spécifiques. Il est en outre proposé à des start-up externes, en croissance, qu’elles choisissent ou non de s’installer dans la pépinière d’entreprises ».
Parallèlement à ce renforcement de l’accompagnement, un recentrage sur quatre thématiques a été effectué : greentech (technologies vertes), healthtech (innovations dans le domaine de la santé), edtech (technologies éducatives) et industries du futur, y compris les projets de nature duale (avec des applications civiles et militaires). « Il s’agit de thématiques de préférence, souligne Marc Gillmann. Si un entrepreneur nous sollicite avec un projet deeptech solide (en dehors de ces thématiques) et que nous sommes en capacité de lui apporter de la valeur, il sera le bienvenu. »
Se former à l’entrepreneuriat
Le X-Novation Center et son incubateur X-UP sont un centre de ressources pour les étudiants de l’École polytechnique et des écoles d’IP Paris.
Plusieurs dispositifs sont ouverts aux étudiants pour se former à l’entrepreneuriat. « Ainsi dès la deuxième année du cycle d’ingénieur polytechnicien, le projet scientifique collectif donne l’occasion aux élèves de réfléchir à un projet complexe. X-FAB, le centre de prototypage de l’X, accompagne une partie de ces projets », précise Marc Gillmann. De plus, il est possible de réaliser un certificat entrepreneuriat, avec Bruno Martinaud, responsable académique Entrepreneuriat. Polytechnique s’est d’ailleurs associé à HEC depuis plusieurs années pour déployer un Master of Science conjoint : X-HEC Entrepreneurs.
D’autres ponts entre la formation et l’innovation se sont développés au gré de l’évolution de Polytechnique : des collaborations avec l’association « start-up » des élèves ; l’opportunité pour les polytechniciens de faire des stages auprès des start-up du X-Novation Center ; la réalisation de prestations étudiantes rémunérées pour ces start-up ; l’événement mensuel Start-up Xperiences, créé en 2025, où des entrepreneurs polytechniciens à succès prennent la parole devant un public de 80 personnes environ (des étudiants et des start-up de l’écosystème de l’X)…
« Nous allons tester à la rentrée un module expérientiel court d’initiation à la conduite de projets. Enfin, nous souhaitons identifier très en amont les projets d’innovation pour conseiller les porteurs et les suivre jusqu’à leur éventuelle incubation chez X-UP. L’objectif est que nos dispositifs soient mis au service de l’excellence académique et scientifique de notre institution. »
Rapprocher le monde de la recherche et de l’entrepreneuriat
Le X-Novation Center est aussi un centre ressource pour les chercheurs. Le service de valorisation de l’École reste leur premier interlocuteur. Son rôle est d’assurer la protection des inventions et d’identifier la voie de valorisation à privilégier. Cela couvre de nombreuses possibilités, notamment la collaboration dans la recherche, la négociation de licences d’exploitation ou la création de spin-off. Des liens étroits avec le laboratoire d’innovation d’IP Paris facilitent le cas échéant l’engagement de moyens de prématuration. Une incubation du projet chez X-UP peut être envisageable, lorsque la technologie est suffisamment mâture et à condition qu’une équipe de cofondateurs puisse porter le projet.
« Dans le cadre du contrat d’objectif et de performance qui se dessine, nous voulons systématiser les formations initiales vis-à-vis des doctorants et des nouveaux enseignants-chercheurs afin qu’ils connaissent les modalités de valorisation et leurs interlocuteurs. Grâce à des programmes d’idéation et aux échanges avec des entrepreneurs accomplis, de nouvelles opportunités pourront naître plus facilement. Rapprocher des profils différents est la clé pour favoriser l’identification de futures pépites ».
L’X : un acteur de l’innovation en France et en Europe
Élu meilleur incubateur par France Digitale en 2024, X-UP s’est imposé comme un incubateur de référence dans la deeptech. D’après Philippe Hazet, « en totalisant les programmes d’incubation, d’accélération et la pépinière d’entreprises, une soixantaine de start-up vont être accompagnées cette année, contre une trentaine en 2021. De toute évidence, une forte accélération est en cours ». Les raisons de cet attrait sont multiples : la notoriété de l’École polytechnique, bien sûr ; la pluridisciplinarité de l’équipe en charge de l’accompagnement avec des ingénieurs, des entrepreneurs, des experts en charge de l’espace de prototypage, etc. ; la variété de l’accompagnement avec des ateliers dans le domaine juridique (le droit de propriété intellectuelle par exemple), financier (sur les levées de fonds entre autres), de la communication… ; le réseau de l’X avec ses alumni et ses investisseurs ; le nouveau dispositif de prêt d’honneur également, qui permet de bénéficier jusqu’à 60 000 euros de financement initial ; l’écosystème de l’école avec ses 23 laboratoires de recherche, les centres interdisciplinaires et le plateau de Saclay ; et prochainement, des entrepreneurs expérimentés en résidence au X-Novation Center.
« Nous avons aujourd’hui le luxe de pouvoir choisir les projets que nous soutenons. Nous sommes soucieux de garder notre image d’excellence. Tout le monde peut candidater pour intégrer l’un de nos programmes, qu’on soit polytechnicien ou non, poursuit Philippe Hazet. Nous ne regardons pas le diplôme, mais la solidité et la pertinence du projet. Notre sélection s’appuie sur quatre critères : l’envie d’entreprendre et/ou la solidité de l’équipe ; les compétences techniques pour développer l’innovation ; l’existence d’un marché et la viabilité du modèle économique du projet ; et la compatibilité avec l’incubateur. L’entrepreneur doit faire preuve d’agilité et être à l’écoute pour faire évoluer sa start-up. Par ailleurs, nous n’acceptons pas les projets auxquels nous ne pourrions pas apporter de valeur ajoutée, comme ceux spécialisés par exemple dans le futur du travail ou encore les arts créatifs. »
Une exigence qui a porté ses fruits avec de nombreuses success stories. C’est le cas de Néolithe, une start-up green tech incubée en 2019 à l’X et créée par Nicolas Cruaud (X2016), William Cruaud et Clément Bénassy, dont le but est de réduire l'impact carbone du traitement des déchets. Bien avant de réaliser leur levée de fonds de 10 millions d’euros, ce projet avait été distingué par les prix Gerondeau-Safran et le concours Pivin. Sur la scène européenne, Amphitrite, cofondée par Alexandre Stegner (professeur à l'École Polytechnique et chercheur en océanographie physique depuis plus de 20 ans au CNRS), est la première start-up à avoir participé à la compétition Stage Two au nom de l’École polytechnique, où les universités et écoles européennes envoient leurs meilleures start-up. Celle-ci est spécialisée dans la production de données océaniques fiables et précises grâce à l’intelligence artificielle pour connaître les courants marins et ainsi permettre de guider les navires. « Amphitrite a été incubée en 2021. Il s’agit d’une innovation émanant directement d’un laboratoire de recherche de l’X avec une application duale à la fois civile et militaire. Nous avons aidé ses fondateurs à passer de l’idée à sa concrétisation en produit avec un accompagnement juridique et financier avec la réalisation de ses premières levées de fonds », détaille Philippe Hazet. Trois autres projets entrepreneuriaux soutenus par l’X se sont aussi distingués en figurant dans le « top 100 des start-up où investir en 2026 » du magazine Challenges : Radiant (décarbonation de la chaleur industrielle), lauréat de l’édition 2025 du concours Stage Two, Peekcell (dépistage précoce de cancers féminins par un simple test urinaire non-invasif) et Lprint (nouvelle méthode de fabrication de circuits imprimés).
Répondre aux enjeux de la société
Cette trajectoire positive est renforcée par l’agilité du programme X-UP. « D’une promotion à l’autre, nous améliorons le programme, en conservant uniquement les dispositifs qui créent de la valeur et font gagner du temps aux entrepreneurs », déclare Philippe Hazet.
Néanmoins, des défis restent à relever. La mixité fait partie des préoccupations de l’École polytechnique dans chacun de ses pans d’activités. « Elle donne de la consistance aux projets et contribue à la capacité d’exécution, autant qu’à la résilience des équipes fondatrices. Nous accordons une grande importance à la mixité, qui est un enjeu sociétal », déclare Marc Gillmann. Dans la dernière promotion de start-up incubées, près d’une équipe fondatrice sur deux compte d’ailleurs au moins une femme.
L’innovation se doit donc d’être au service de la société. « Nous avons à cœur de soutenir des projets qui font sens au niveau social et sociétal. La santé est l’une des premières préoccupations des Français. Le développement durable est un enjeu d’avenir comme l’éducation. Nous sommes fiers à l’École polytechnique de contribuer à servir l’intérêt général. L’innovation doit nous aider à bâtir tous ensemble un avenir désirable », conclut Philippe Hazet.
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