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International

L’X ouvre un nouveau centre d’examen au Sénégal

Afin de faciliter le recrutement d’étudiants à l’international, l’École polytechnique a mis en place un réseau de centres d’examen dans le monde entier. L’établissement vient d’élargir son périmètre en Afrique où les candidats ont désormais la possibilité de passer le concours au Sénégal.

C’est le quinzième centre d’examen que l’École polytechnique a choisi d’ouvrir dans le monde. Il est situé en Afrique et plus particulièrement au Sénégal à Dakar, et deux élèves ayant passé le concours là-bas en mai viennent d'être admis à l'X. Depuis 1996, l’École a mis en place une stratégie de développement de son recrutement à l’international en offrant la possibilité aux étudiants de passer le concours de l’X dans leur pays d’origine, parfois même au sein de leur université, et en anglais pour les non-francophones.

« Nous allons directement chercher les talents sur place », explique Eglantine Jastrabsky, Responsable de la mobilité internationale entrante à l’École polytechnique. Cette procédure, unique dans l’enseignement supérieur français, consiste à délocaliser les centres d’examen afin de faciliter la participation au concours de l’X pour les candidats du monde entier. Pour cela, l’École travaille avec les instituts français et des partenaires universitaires choisis dans quatre continents : en Europe, en Asie, en Amérique et en Afrique. « Nous avons des centres d’examen en Chine, au Cambodge, au Vietnam, en Inde, au Brésil, au Chili, au Canada ou encore en Russie », précise Isabelle Becher, Adjointe au Directeur du concours de l’École polytechnique.

Cette délocalisation nécessite une organisation et des moyens importants. « Une campagne de promotion est menée par l’École auprès de ses relais pour attirer les meilleurs étudiants », souligne Eglantine Jastrabsky. En fonction des pays, les centres d’examen se trouvent dans l’université d’origine des candidats ou dans des lieux avec lesquels l’X a noué des collaborations.

Une sélection comparable aux candidats des classes préparatoires

Surtout, ce concours « délocalisé » possède les mêmes exigences que celui des élèves internationaux en classes préparatoires. Après avoir été sélectionnés sur dossier par un jury composé du Directeur du concours et d’examinateurs, les candidats sont déclarés admissibles. « Parmi les 250 à 300 candidatures sélectionnées chaque année depuis une quarantaine d’universités dans le monde, la moitié des candidats environ sont déclarés admissibles », précise la Responsable de la mobilité internationale entrante.

Viennent ensuite les épreuves écrites et orales pour l’admission, qui elles ont lieu sur place. Au programme : une épreuve écrite en mathématiques et en physique ainsi que des oraux en mathématiques, physique et culture générale scientifique. Pour faire passer ces épreuves, la Direction du Concours envoie un jury de trois examinateurs dans chacun des quinze centres d’examen. Alain Plagne, chercheur au Centre de mathématiques Laurent Schwartz de l’X, a fait le déplacement à Dakar en mai dernier.

« L’accueil a été bon et les étudiants méritent qu’on les encourage », témoigne le chercheur dont les activités d’examinateur lui permettent de mesurer le niveau et de se renouveler en inventant de nouveaux exercices. « A l'étranger, la gymnastique est encore plus acrobatique car il faut s'adapter davantage au contexte et à l'étudiant qu'on a en face de soi », reconnaît Alain Plagne en précisant que « les examinateurs s’adaptent un peu aux programmes locaux tout en gardant le souci d'une certaine uniformité pour le concours : des étudiants russes, espagnols ou sénégalais ne présenteront en général pas un argument de la même façon ». Plus largement, le chercheur estime qu’hors de Polytechnique, « les examinateurs sont vraiment à 100% dans le concours et l'immersion culturelle est totale ».

Un dispositif apprécié des candidats

Ce processus de recrutement est également plébiscité par les candidats. Diego Souza, aujourd’hui élève en 1ère année à l’École polytechnique, a passé le concours au sein de son université de São Paulo au Brésil l’an dernier. « Au-delà de l’aspect financier qui permet d’économiser les frais d’avion et de logement sur place, ce mode de recrutement m’a permis de me sentir plus à l’aise et cela a contribué à ma réussite au concours », se rappelle Diego qui s’est senti rassuré de pouvoir passer le concours au sein même de son environnement universitaire. « J’ai également apprécié de concourir aux épreuves en anglais car à cette époque mon français était assez limité », ajoute l’étudiant qui, depuis, a fait d’importants progrès.

L’École polytechnique ne compte pas s’arrêter là. L’objectif à terme étant d’augmenter le nombre de centres d’examen à travers le monde. « Nous souhaitons accroître le nombre d’étudiants étrangers au sein des promotions afin de favoriser toujours plus l’ouverture internationale de l’X », rappelle Mathieu Le Traon, Directeur des relations internationales de l’École polytechnique.