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Lancement du timbre "Caroline Aigle" (X 94)

La Poste lance le timbre Caroline Aigle en avant-première le 5 avril à Montauban, la ville d'origine de Caroline.

Extraits du journal interne de l’École polytechnique – septembre 2007

Originaire de Montauban, Caroline Aigle sillonne l’Afrique à la suite de son père, médecin militaire, avant de rejoindre à 14 ans le Lycée militaire de Saint-Cyr où elle passe son bac. Elle y commence alors son brillant parcours de sportive pluridisciplinaire et campe sur les podiums, notamment du championnat de France scolaire, surtout cross et biathlon. Répondant toujours à l’appel d’une compétition, elle est disponible et facile à entraîner.

Après une classe préparatoire suivie au Prytanée national militaire de la Flèche, elle intègre l’École polytechnique en 1994. Elle part alors en service militaire au 13e bataillon de chasseurs alpins à Chambéry puis elle rejoint le campus. Là encore, elle s’illustre en sport. Élue crotale (déléguée, ndlr) natation, elle se diversifie toujours autant mais n’oublie pas la vie de promo avec des passages réguliers au bar des élèves ou la participation à une campagne Kes (BDE, ndlr).

À sa sortie de l’X en 1997, elle décide de servir dans l’Armée de l’Air en intégrant l’École de l’Air en 3e année. La spécialité « chasse » vient d’être ouverte aux femmes et elle possède toutes les qualités, intellectuelles, physiques ainsi qu’une volonté inimaginable pour accomplir ce rêve dont elle a très tôt parlé à l’X. Un ancien camarade se souvient avoir « été conquis par cette jeune femme blonde, aux yeux couleur de ciel, dont le regard tranquille et assuré témoign[ait] d’un équilibre et d’une détermination de bon augure pour sa carrière de chasseur ».

Caro, comme l’appellent tous ses proches, obtient son brevet de pilote en 1999, devenant ainsi, à 24 ans, la première femme macaronée par le chef d’état-major. « Devenir pilote de chasse, cela tenait du rêve. Je pense seulement à toutes celles qui en ont rêvé avant moi et n’ont pu le réaliser », confiait-elle.
La jeune pilote gravit peu à peu tous les échelons de qualification de la chasse : le capitaine Aigle est affectée sur Mirage 2000-5 à l’Escadron de chasse 2/2 Côte-d’Or à Dijon en 2000 où elle était chef de patrouille, puis devient commandant d’escadrille à partir de 2005.
En septembre 2006 elle est affectée à la « Sécurité des vols » du Commandement des forces aériennes à Metz. Elle avait 1600h de vol à son actif.

Caroline était une sportive émérite, championne de France militaire et championne du monde militaire par équipe de triathlon en 1997, vice-championne du monde militaire de triathlon par équipe 1999. Elle pratiquait également le parachutisme, le cross, la plongée...
Elle n’avait pas peur de prendre des risques, parfois au péril d’une carrière prometteuse, « mais elle était toujours calme, naviguait sur la vie ».

Pilote, sportive mais aussi épouse et mère, elle était mariée à un pilote de la célèbre patrouille Breitling et venait d’accoucher de son second fils. En dépit de cet accomplissement personnel et professionnel, Caroline trouvait les termes de modèle et d’exemple trop forts mais était déterminée à faire ce qu’il fallait pour « que ça marche » et que d’autre jeunes filles suivent sa trace.

Promue Commandant en 2006, elle aurait voulu être affectée à l’encadrement de l’X, mais avait été nommée à Metz. Sa déception s’était effacée lorsque, mise en rapport avec Yannick d’Escatha, alors Président du Conseil d’administration de l’École et Président du CNES (Centre National d’Études Spatiales), elle avait pu envisager la possibilité de devenir spationaute. Caroline venait de passer un diplôme universitaire d’astrophysique, préparait une thèse sur la caléfaction et apprenait le russe afin de partir à la conquête des étoiles.
Les commentaires laissés sur le blog de l’Armée de l’Air au moment de son décès sont unanimes. Ils louent une « pionnière, un exemple pour toutes les femmes », « une jeune femme menue, dont l’intensité du regard bleu, parfois dissimulé sous une mèche blonde, annonçait une volonté ainsi qu’une détermination sans faille », « une vraie professionnelle de l’aéronautique, attentive et curieuse d’apprendre et de se perfectionner », sa « force intérieure », « son humour corrosif et son autodérision », sa « passion et sincérité, avec en parallèle tant de simplicité et d’humilité ». À ses débuts à Dijon, elle expliquait : « Tout cela n’a rien changé pour moi ».
Elle est décédée le 21 août 2007, âgée de trente-deux ans, d'un cancer foudroyant.